Une solution temporaire

Moratoire sur le survol de Bruxelles

Dès ce jeudi 2 avril entrera en vigueur le moratoire sur le survol de Bruxelles.

Concrètement, les avions qui décolleront dorénavant de Brussels Airport emprunteront un virage serré à gauche (Crainhem, Wezembeek, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Pierre) plutôt que de suivre le virage large à gauche (Auderghem, Etterbeek, Watermael-Boitsfort, etc.) opérationnel depuis le 6 février 2014 en raison du "plan Wathelet" (du nom de l’ancien secrétaire d’État à la Mobilité, Melchior Wathelet/cdH). On passera donc d’une population de plus de 400.000 personnes survolées à quelque 150.000 selon une étude universitaire (ULB).

Il faudra veiller à ce que les mesures pour soulager les victimes des nuisances ne handicapent pas un développement raisonnable de Brussels Airport

Ces chiffres plaident donc en faveur de ce moratoire réclamé avec insistance par plusieurs associations de personnes survolées et des responsables politiques. Mais le moratoire n’est que le retour à la situation d’avant le plan Wathelet, lequel, il faut le reconnaître, comporte aussi quelques avancées (suppression de la route Chabert soulageant les habitants d’Evere, Saint-Josse, Grand-Place; modification des normes de vent réduisant l’usage de la piste diagonale, etc.). Les mesures du 6 février 2014 sont la sixième étape du plan Wathelet, mais ce sont elles qui ont fait le plus de bruit et suscité davantage de mécontentement.

En appliquant le moratoire, la majorité fédérale (MR, CD & V, Open VLD, N-VA) respecte un engagement pris pendant la campagne électorale, mais la ministre de tutelle du dossier, Jacqueline Galant (MR), sera mieux inspirée de ne pas trop tarder après ce 2 avril.

Car le moratoire ne règle qu’à moitié le dossier des nuisances générées par les activités de l’aéroport national. Il faudra rapidement avancer sur la mise en place de l’autorité indépendante de contrôle, renouer un dialogue permanent avec tous les acteurs du dossier (riverains, Brussels Airport, Région flamande, Région wallonne, exécutif bruxellois, etc.). Il faudrait aussi analyser laFgala piste d’une isolation acoustique des maisons des habitants vivant autour de l’aéroport.

Mais il faudra surtout veiller à ce que les mesures visant à soulager les victimes ne handicapent pas un développement raisonnable de Brussels Airport.

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