Une stratégie climatique sans vision

Les régions s'accordent sur la stratégie climatique à long terme de la Belgique.

On pourrait commencer par se réjouir. Oui: avec (seulement) deux mois de retard, les régions ont trouvé un accord pour sceller la stratégie climatique de la Belgique à long terme. L'honneur est sauf. Mais quand on regarde l'épure qui va être envoyée à la Commission européenne, force est de constater deux manquements majeurs.

Un, l'ambition n'y est pas. Sur le défi le plus important qu'une génération ait jamais eu à relever, la Belgique n'est pas capable d'assurer haut et clair qu'elle fera "whatever it takes" pour être a à la hauteur. L'Europe veut atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050, mais un des pays les plus riches du continent, qui ne dépend pas du charbon pour faire tourner son économie, ne parvient pas à s’aligner sur l’objectif de neutralité carbone. Tout au plus tente-t-elle timidement de rassurer sur le fait que son plan "n’est pas un point final" - il se pourrait qu'on fasse mieux la prochaine fois.

Une vision inspirante

La Belgique livre donc une stratégie sans souffle. Or, c’est précisément ce qu’on était en droit d’attendre de cet exercice: une vision inspirante.

Deux, la cohérence fait défaut. Si l'on "respecte" les régions et leurs compétences (dans un pays où l’une d’entre elles est gangrenée par l’idée de vider la Belgique de sa substance), il est impossible de livrer plus qu'une compilation bancale de visions distinctes. La Flandre est parvenue, en définissant sa mouture de la stratégie, à rendre impossible l’agrégation des engagements régionaux pour obtenir un objectif belge global de réduction d'émissions. À rendre impossible un message clair, fort, ambitieux.

Malgré l’allant d’autres régions – la Wallonie sera neutre en carbone en 2050 – la Belgique livre donc une stratégie sans souffle. Or, c’est précisément ce qu’on était en droit d’attendre de cet exercice: une vision inspirante. C'est ainsi qu'on a voulu cette drôle de Belgique, réduite pour ce sujet capital au rôle de boîte aux lettres permettant à ses régions de communiquer avec l'Europe. Et c'est vrai: une boîte aux lettres ne peut avoir de vision.

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