Une taxe poids lourds à revoir

Prélèvement kilométrique.

Les transporteurs routiers ont donné hier un premier aperçu de leur mobilisation contre la nouvelle taxe kilométrique. Elle sera d’application dès le 1er avril 2016. Dès cette date, les camions de plus de 3,5 tonnes se verront imposer un prélèvement kilométrique variant de 7,40 cents à 29,20 cents pour emprunter les routes belges. Il était temps de faire contribuer les routiers étrangers à l’amortissement et à l’entretien du réseau routier belge qu’ils fréquentent gratuitement jusqu’à présent. Le principe de la nouvelle taxe est louable à cet effet.

Mais le dispositif mis en place mérite d’être revu. Il est mal conçu, déséquilibré et injuste. La future taxe portera un sérieux coup à la rentabilité des sociétés de transport. Pour tenir le coup, elles n’auront pas d’autre choix que de répercuter le coût sur leurs donneurs d’ordre que sont les entreprises. Et assez logiquement, ces dernières solliciteront in fine les consommateurs, dont le pouvoir d’achat est déjà mis sous pression! Le secteur de la grande distribution a déjà annoncé que ses prix vont augmenter de 0,5% en moyenne. L’industrie alimentaire redoute des pertes d’emplois et une hausse des prix des produits.

La Région wallonne a mis la charrue avant les bœufs en fixant les tarifs de la taxe kilométrique avant la concertation sur les compensations.

La critique des entreprises wallonnes est d’autant plus justifiée que l’étude universitaire d’impact socio-économique sur le sujet a relevé que la future taxe aura un impact négatif significatif pour différents secteurs (industrie extractive, collecte et transformation de lait, etc.). Surtout que l’étude a tenu compte de tarifs inférieurs à ceux arrêtés par les gouvernements régionaux. La future taxe fait donc l’unanimité contre elle, car le mécontentement augmente aussi chez les citoyens.

La méthode adoptée pour accoucher des tarifs interpelle. La Région wallonne a fait part de sa grille avant d’annoncer une concertation avec les secteurs touchés pour envisager des compensations. Les autres exécutifs ont suivi la même démarche. Ce faisant, ils ont mis la charrue avant les bœufs. Il faudrait aussi penser à étendre le dispositif aux particuliers. Mais dans ce cas, la suppression des taxes qui pèsent sur les véhicules privés s’impose.

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