Une vocation tardive

Jean-Paul Bombaerts

Jan Jambon se verrait bien Premier ministre

Jan Jambon Premier ministre, c’est le contremaître promu patron. Une hypothèse qui n’est pas pour déplaire au principal intéressé, même si – prudent – il n’en fait pas une condition sine qua non pour une participation gouvernementale. Que le plus grand parti du pays prenne la tête du gouvernement fédéral est dans la logique des choses. Et pourtant, cette façon de se profiler pour le 16 apparaît quand même étonnante à plus d’un titre.

Jan Jambon ménage le MR et Charles Michel, réservant ses piques à un CD&V déjà ulcéré d’avoir été mis hors-jeu à Anvers.

Premièrement, on ne manquera pas de relever le contraste par rapport à janvier dernier lorsque Jambon était présenté pour emmener la liste N-VA à la Chambre. Aucun enthousiasme chez lui à l’idée d’endosser le rôle de candidat Premier ministre. Lundi, sur les ondes de la VRT, il est au contraire apparu décidé et structuré par rapport à ses intentions, au cas où le poste lui reviendrait. Une vocation tardive en quelque sorte.

Deuxièmement, on rappellera que la tâche principale du Premier ministre est de forger des compromis afin de garantir la stabilité de son gouvernement. Pour un parti qui, depuis sa création, se targue de vouloir mettre en œuvre des réformes "fondamentales" et "radicales", c’est un basculement culturel complet. Ce qui ne signifie pas que Jambon ne soit pas capable de se mouler dans ce rôle si particulier. Au sein du gouvernement sortant, il a soigneusement entretenu une image de gestionnaire responsable, contrastant avec le côté "chien fou" de son collègue Theo Francken. Ce n’est d’ailleurs pas un secret qu’entre Charles Michel et son vice-Premier, le courant passait très bien. Aujourd’hui, Jambon continue de ménager le MR et Charles Michel, réservant ses piques à un CD & V déjà ulcéré d’avoir été mis hors-jeu à Anvers.

Troisième sujet d’étonnement enfin, imaginons un instant Bart De Wever ministre-président flamand et Jan Jambon Premier ministre fédéral. Cela signifierait qu’en pratique et pour la première fois, le ministre-président de la Flandre aurait un ascendant de fait sur le Premier ministre. Le confédéralisme n’est plus très loin.

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