Une volatilité qui donne le "la" des marchés

Jennifer Nille

L'édito de Jennifer Nille.

Le repli des marchés d’actions cette semaine s’est accompagné d’une hausse de la volatilité. Le VIX, qui mesure les anticipations de fluctuation du S&P500, s’est soudainement relevé après avoir passé une année 2017 en léthargie. Lors de la séance du 5 février sur les marchés américains, cet indice a connu sa plus forte hausse historique. Sa progression a pris de court tous les investisseurs qui pariaient sur sa baisse.

Nomura et Crédit Suisse, qui proposaient des produits suivant cette stratégie, ont dû fermer ceux-ci, après leur chute vertigineuse à presque zéro. Certains analystes ont souligné qu’une bulle s’était formée ces dernières années sur la volatilité. Car dans un contexte où les placements sans risque ne rapportent rien, les investisseurs ont pris du risque, et ont notamment suivi une stratégie qui rapportait gros jusqu’à l’année passée. Le produit de Crédit Suisse, XIV, a vu sa valeur multipliée par quinze entre 2010 et 2017. Mais les arbres ne montent pas jusqu’au ciel, et de nombreux analystes avaient prédit que ces produits pourraient causer des pertes significatives chez les investisseurs. Car le VIX évoluait à des niveaux extrêmement bas, insoutenables jusqu’à la semaine précédente.

D'où vient la volatilité sur les marchés?

 

Derrière la correction des marchés d’actions américains cette semaine, des intervenants de marché ont souligné l’impact des produits financiers sur la volatilité sur les indices boursiers. Car les intervenants de marché s’inquiètent désormais des dégâts que ceux-ci peuvent provoquer. À quelque 2.000 milliards de dollars pour l’ensemble du marché autour de cette stratégie, on peut comprendre les inquiétudes.

Les déboires des investisseurs dans ces produits sur la volatilité font penser aux fonds monétaires qui avaient déclenché la crise financière en 2007. De nombreux investisseurs s’étaient retrouvés avec le gel de certains de ces fonds. Mais des analystes préfèrent toutefois comparer les produits liés à la volatilité avec les "portfolio insurance", désignés comme coupables dans le krach du Dow Jones en 1987, qui a marqué la plus forte baisse de l’indice en une seule séance.

Les marchés d’actions ne connaissent toutefois pas actuellement de krach, mais juste une correction.

Cependant, la remontée du VIX à des niveaux proches de 2009 redessine l’évolution des marchés financiers. Chez UBS Wealth Management, des analystes ont souligné que l’indice évolue à un niveau où le S&P500 va prendre ou perdre 2% au cours du mois. Le VIX donne à nouveau le tempo des marchés. Il faut remonter à la crise financière pour retrouver une pareille situation avec cet indice. Cette comparaison n’a rien de réjouissant.

Le VIX donne à nouveau le tempo des marchés. Il faut remonter à la crise financière pour retrouver une pareille situation.

Les prochaines séances sur les marchés promettent donc encore bien des secousses. Et cela, alors que les actions, en particulier américaines, sont encore chères, malgré leur récente correction.

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