Une vraie réforme fiscale pour plus de pouvoir d’achat

Rédacteur en chef

Au lieu d’inventer toutes sortes de mesures d’exception pseudo-correctrices, osons un impôt sur le travail plus simple et plus progressif.

C’est jour de manifestation nationale ce lundi. À vrai dire, on a un doute sur l’utilité réelle de ce grand ramdam pour plus de pouvoir d’achat. Le droit de manifester et de grève existe et se respecte. Mais perturber le fonctionnement d’un pays "parce que la vie est de plus en plus chère", est-ce vraiment le moyen le plus utile, le mieux compris, le plus constructif de faire évoluer les choses ? Certains diront qu’à tout prendre, un mouvement organisé comme celui-là vaut mieux que des gilets jaunes en ordre dispersé.

Mais soit. Il est important d’entendre le stress des Belges qui galèrent face à la hausse du coût de la vie. Comment y répondre ? Le gouvernement fédéral a déjà pris une série de mesures, one shot (prime chauffage ou mazout) et temporaires (baisse de la TVA sur le gaz et l’électricité, tarif social élargi,…), dont le coût net pour les finances publiques cette année dépasse le milliard et demi d’euros. Rappelons aussi qu’il existe chez nous une indexation automatique des salaires, un mécanisme qui à notre sens mériterait d’être adapté parce que trop général, mais qui agit comme une mesure structurelle forte de protection du pouvoir d’achat.

Alors, le gouvernement doit-il lancer de nouvelles mesures pour contrer les effets d’une inflation toujours galopante ? Si l’idée est de nous ressortir un chèque ceci ou une prime cela, non merci. C’est le genre de geste qui coûte de l’argent (l’État n’emprunte plus à taux zéro, c’est fini ce temps-là) et qui ne change pas grand-chose au problème qu’il est censé régler.

Le travail est taxé trop vite, trop fort dans ce pays, on le sait depuis un temps fou mais on n’ose pas y remédier.

On préférerait de loin que l’énergie politique se porte sur des chantiers autrement plus importants, connus de longue date mais sans cesse repoussés. Pour augmenter le pouvoir d’achat, au lieu d’aligner les petites idées comme autant de sparadraps, le plus efficace n’est-il pas de réformer notre appareil fiscal pour libérer le travail d’une chape trop lourde ? Le travail est taxé trop vite, trop fort dans ce pays.

Y remédier n'est pas chose simple, OK. Vaste chantier. Mais est-ce une raison pour ne pas s’y attaquer ? Non. La grande complexité avancée n’est qu’un prétexte masquant mal un manque de volonté politique commune, chacun entretenant tel ou tel tabou : pas touche aux revenus du patrimoine, pas touche aux dépenses publiques, pas touche à ceci, pas touche à cela. Résultat, on continue à vivre avec une fiscalité mal fichue, une usine à gaz déclassée, inadaptée à son temps et aux enjeux d’aujourd’hui.

Le statu quo n’est pourtant pas une option. Au lieu de maintenir toutes ces mesures d’exception pseudo-correctrices, osons un impôt plus simple et plus progressif sur le travail. Cette réforme-là aura bien plus d’impact positif sur le travail, sur l’envie de travailler. Et sur le pouvoir d’achat !

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