Une Wallonie sans haute voltige

Ecolo pousse un gouvernement minoritaire

Après trois semaines de discussions en Wallonie et des négociations qui ont du mal à démarrer, Ecolo tente le coup de poker. L’idée, inspirée de celle lancée par les socialistes il y a une semaine, consiste à installer un gouvernement minoritaire PS-Ecolo. Les verts y ajoutent une petite touche en proposant d’ouvrir certains postes ministériels à la société civile. Sur papier, la proposition est rafraîchissante. Dans un monde politique où le plus grand des dangers est l’entre-soi, l’ouverture vers la société civile est probablement régénératrice sur le plan des idées.

Le modèle proposé par les verts fait cependant face à un mur arithmétique. Sans disposer d’une majorité au Parlement, l’exécutif s’engage dans une aventure dont la fin est incertaine. Quel parti de l’opposition ou quels députés accepteront de signer un chèque en blanc à un gouvernement pour toute une législature? Comment encore pouvoir se doter d’une ligne politique claire si celle-ci doit systématiquement être rediscutée avec certains députés de l’opposition avant chaque vote au Parlement?

Pourquoi refuser d’ouvrir des négociations avec les libéraux et voir s’ils peuvent assouplir certaines de leurs positions?

Derrière l’idée des verts (et du PS), on comprend l’envie, celle d’écarter le MR du pouvoir. L’auto-exclusion du cdH et l’exit du PTB rendent pourtant les libéraux incontournables en Wallonie. Pourquoi dès lors refuser d’ouvrir des négociations avec les libéraux? La responsabilité d’Ecolo (comme du PS) est aussi de voir si le MR peut assouplir certaines de ses positions idéologiques en vue de former une tripartite gouvernementale avec éventuellement des ministres issus de la société civile.

Loin des jeux politiques, la Wallonie est à un moment clé de son existence. Freinée par un taux de chômage élevé, la Région va devoir jongler entre une baisse des transferts financiers et la nécessité d’investir dans des grands projets. Ces deux défis ne sont pas inconciliables mais ils demandent d’avoir un gouvernement de plein exercice doté d’une assise parlementaire suffisamment large pour agir. C’est aussi ce qu’attendent les électeurs!

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