Vannes et vanité

Journaliste

La norme d'émission va être revue à Bruxelles pour voir naître la 5G.

L’heure du changement a sonné. Après avoir longtemps opposé une fin de non-recevoir aux opérateurs télécoms, à l’appel pourtant unanime à l’égard d’une révision des normes d’émission à Bruxelles-capitale-de-l’Europe, le monde politique a finalement remisé une légère vanité pour sauter à pieds joints dans la modernité. Une décision à l’odeur aussi douce qu’un bouquet de réconciliation. Proximus et Orange et Telenet apprécieront.

En ouvrant les vannes de la 5G à Bruxelles, la Région entre dans une ère nouvelle où le flux sert l’individu.

Surtout qu’ici, les pétales ne faneront pas. Du moins, pas de sitôt. En ouvrant les vannes, ce sont les vingt prochaines années qui se voient enfin entrer dans une ère nouvelle à Bruxelles. Celle d’un changement profond où la connectivité n’est plus un choix, mais bien une composante intrinsèque de la société dans son ensemble. Le flux au service de l’individu.

Pour s’en convaincre, il suffit de penser à ces fameuses voitures autonomes, à ces éclairages intelligents, voire, encore, à ces puces de suivi de paquets ou même à ces robots-artisans unifonctions s’assemblant sur le pouce pour se muer en véritables adjuvants. Autant d’exemples qui n’appartiennent aujourd’hui plus à la science-fiction.

Alors oui, tout n’est pas parfait. Oui, le politique aurait pu, voire même peut-être dû, aller plus loin, en tablant sur une norme rehaussée bien au-delà de ce qui est aujourd’hui sur la table, à savoir 14,5 volts par mètre, contre 6 au préalable. Mais il n’empêche. On vient de loin. Or, ici, le signal est là, les citoyens réceptifs. De même que les politiques de tout bord, à condition de préserver des garde-fous. Certes. Mais une ligne directrice semble avoir gagné les fronts: demain, la ville sera "smart".

Certains y verront les affres du temps. D’autres, un demain souhaitable. Qu’importe. Les divisions ne sont jamais que des positions. Elles n’empêchent pas que le monde avance. Chine et Etats-Unis en tête. Bien loin des préoccupations qui sont les nôtres. Et Bruxelles a décidé d’accélérer. Une fois n’est pas coutume. Cela s’applaudit. Plutôt deux fois qu’une.

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