VOO et Mobistar, dos au mur

Un séisme dont on attend les répliques.

C’est la fin d’un feuilleton qui agite les coulisses du marché télécom belge depuis plusieurs années déjà: l’aventure du challenger Base se termine et Telenet devient formellement le groupe à (a)battre pour Proximus. L’ascension de Telenet fut progressive mais imperturbable, le câblo de Malines devenant au fil des années une force extrêmement structurante du marché, au point de provoquer une chute massive des prix du mobile lors de son arrivée récente sur le segment. De son côté, Base a souvent joué les trublions, activant la concurrence en démultipliant les partenaires commerciaux. Un challenger qui n’a jamais hésité à dénoncer le manque de concurrence du marché belge et se retrouvera désormais partie intégrante du deuxième opérateur belge: on en connaît que ça fait doucement sourire, alors que Jos Donvil, le CEO de Base insiste sur le fait qu’il ne s’est pas "vendu à Telenet, mais que c’est KPN qui a conclu le deal".

Mobistar et VOO se retrouvent isolés dans un métier unique et semblent des proies faciles. La partie est loin d’être terminée.

Soit, Jos et John (Porter, le CEO de Telenet) vont désormais présider à la destinée d’un navire qui a lui-même provoqué la tempête à venir. Car si l’opération bouleverse le marché, il serait naïf de croire qu’aucun mouvement ne devrait suivre. L’appétit féroce des groupes étrangers, la position délicate de Mobistar et VOO, l’ouverture du câble qui se profile: Telenet/Base a une excellente main, mais la partie est loin d’être finie. Et il y a Orange aussi, la maison mère de Mobistar, qui devra enfin se positionner clairement: acheter VOO pour armer sa filiale, en faire le challenger "low cost" qui tape sur les grands méchants Proximus et Telenet/Base, ou embellir la mariée avant une vente. D’autant que les œillades vers la Belgique d’Altice, la maison mère de Numericable, sont toujours plus insistantes et que la frustration d’avoir raté le rachat de Base pourrait le pousser à devenir plus ambitieux. Reste enfin à voir ce qu’il adviendra de VOO: le câblo-opérateur wallon, filiale de Nethys et petit frère admiratif de Telenet, est dans une position peu enviable. Certes, il est un partenaire stratégique de Telenet et dispose de l’expertise de son mentor, mais il n’est pas formellement inclus dans le deal (qu’il aurait pourtant contribué à négocier). Un accord avec Proximus est impensable, un deal avec Mobistar signerait le divorce définitif d’avec Telenet. Seules options de sortie, un rachat par un étranger, par Telenet ou par Mobistar. Faites vos jeux.

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