Welcome to the Muppet Show

Y a-t-il encore un pilote pour sauver l’économie européenne? Entre les Italiens qui modifient au gré du vent leur plan d’austérité, les Espagnols qui avouent avoir été à deux doigts de demander un sauvetage d’urgence le mois dernier, les Allemands qui veulent faire la loi, les Finlandais qui posent leurs conditions pour aider la Grèce, les Néerlandais qui se verraient bien continuer sans… et les Grecs incapables de tenir leurs promesses, le spectacle qu’offrent les décideurs européens confine à l’absurde.

Disons-le franchement, cette croissance qui fiche le camp, c’est le prix de l’irresponsabilité des politiques. Car on peut bien accuser les marchés de panurgisme et de tous les excès, pas étonnant qu’ils ne sachent plus où on en est. Qui le pourrait? D’autant que cette cacophonie semble contagieuse. D’un côté, le FMI affirme l’urgence d’une recapitalisation bancaire, de l’autre les stress tests assurent que tout va bien.

Pour limiter les déficits, on a sorti d’un chapeau la règle d’or dont la portée équivaut à celle d’un alcoolique qui jurerait d’arrêter de boire dès que possible, sous réserve des circonstances particulières qui ne manqueront évidemment pas de survenir. Car, pour mémoire, un cadre existe déjà, des sanctions aussi… sauf qu’on ne les applique pas. Le grand Muppet Show des décideurs étant ce qu’il est, tous les espoirs reposent encore et toujours sur les banques centrales.

Encore que là aussi, il faille relativiser. La BCE peut bien s’alarmer du risque de prendre le mur en pleine figure, elle n’a pas baissé ses taux, jeudi.

À la place, la démission surprise de son "chief eco" a jeté une lumière crue sur ses dissensions internes. En vérité, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est encore d’outre-Atlantique qu’il faut espérer un geste salvateur. Bien sûr, le plan Obama pour l’emploi sera raboté à l’arrivée. Bien sûr, Bernanke sera critiqué quand il livrera, le 21 septembre, son énième remède pour relancer l’économie. Mais au moins, ils prennent leurs responsabilités et sont unis. C’est peu mais, en Europe, c’est manifestement déjà trop.

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