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Donnons à notre industrie les moyens de développer des technologies de décarbonisation

La course mondiale à la décarbonisation et à la numérisation a commencé et l'Europe est déjà en train de perdre du terrain.

Certains ont salué le sommet sur le climat de Glasgow comme un succès, tandis que d'autres l'ont qualifié d'échec cuisant. Ce dont nous sommes sûrs, c'est que ses résultats contribueront à déterminer la température de la planète dans les années à venir.

Le fait que le pacte climatique mentionne le rôle des combustibles fossiles dans la crise climatique est en soi sans précédent. Il y a également un appel à la suppression progressive des subventions au charbon et aux combustibles fossiles inefficaces, ce qui peut clairement être considéré comme un progrès. Il est en effet encourageant que les États-Unis et la Chine aient déclaré vouloir renforcer leur coopération en matière de climat. Ces deux pays sont les deux plus grands émetteurs de CO2 au monde.

La diplomatie climatique est également à l'origine de changements au niveau de la politique mondiale. Nous ignorons ces changements à nos risques et périls.

Notre planète est en train de changer et nous pouvons limiter ces changements radicaux. Cependant, ces changements ne sont pas les seuls à se produire. La diplomatie climatique est également à l'origine de changements au niveau de la politique mondiale. Nous ignorons ces changements à nos risques et périls.

Les premiers ministres et les chefs d'État se sont engagés à trouver un moyen ou un plan pour atteindre un équilibre global entre la quantité de carbone que le pays émet et celle qu'il retire de l'atmosphère. C'est ce que l'on appelle communément "Net Zero". L'UE a fixé cet objectif pour 2050, d'autres continents ont choisi des dates ultérieures.

Ainsi, le sommet sur le climat a, d'une manière générale, fixé la direction à suivre pour tous les pays du monde, qui doivent abandonner le carbone comme source d'énergie jusqu'à ce qu'ils cessent d'en utiliser indéfiniment. Et cela à un moment où la technologie progresse à un rythme rapide, annonçant peut-être une nouvelle ère alimentée par de nouvelles sources d'énergie comme l'hydrogène. Sans parler de la possibilité de rendre les ressources renouvelables comme l'énergie solaire et éolienne plus abordables.

Le défi qui se présente à nous, Européens, n'est pas seulement de sauver la planète, mais aussi de rester compétitifs sur la scène mondiale.

L'innovation, la recherche, la numérisation et la décarbonisation sont les promesses de notre avenir. Que cela soit bien clair - et c'est là que nous, les Européens, devons être très prudents.

Le défi qui se présente à nous, Européens, n'est pas seulement de sauver la planète, mais aussi de rester compétitifs sur la scène mondiale. La décarbonisation et la numérisation aideront la planète, mais ce sont aussi des marchés massifs émergents.

L'Europe à la traine

La course mondiale à la décarbonisation et à la numérisation a commencé et l'Europe est déjà en train de perdre du terrain. Nous devons agir maintenant. Nous le devons à nos concitoyens.

L'industrie européenne emploie environ 35 millions de personnes et représente environ 16 % des économies de l'UE. Un environnement industriel compétitif est synonyme de création d'emplois de qualité. Cela vaut également pour ses petites et moyennes entreprises, véritable épine dorsale de l'économie européenne, qui représentent plus de la moitié du PIB de l'Europe. La recherche et l'innovation sont fondamentales pour ces entreprises si nous voulons que le Green Deal devienne réalité. Elles ne peuvent créer des emplois que si elles ont les moyens d'investir dans des technologies nouvelles et respectueuses de l'environnement ainsi que dans l'innovation.

Alors que les États-Unis consacrent d'énormes sommes d'argent à cette transition, l'Europe continue de considérer ces transitions comme des questions purement réglementaires

La Chine et les États-Unis sont clairement nos principaux concurrents. L'administration Biden prend très au sérieux la transition numérique et écologique, qu'elle considère comme une occasion de renforcer la compétitivité mondiale des États-Unis.

Alors que les États-Unis consacrent d'énormes sommes d'argent à cette transition, l'Europe continue de considérer ces transitions comme des questions purement réglementaires. L'UE demande à notre industrie et à nos entreprises de franchir des obstacles, alors que les États-Unis investissent directement dans leur industrie. 

Des investissements américains massifs

Cet été, le Sénat américain a proposé d'investir 250 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années dans le cadre de la loi américaine sur l'innovation et la concurrence. Ce montant comprend 120 milliards de dollars pour l'Endless Frontier Act, qui investit dans la science et la recherche. La loi "Build Back Better", même si elle est édulcorée au Congrès, constituera un investissement sans précédent dans le développement de solutions écologiques et numériques.

Quelle que soit la qualité de nos nouvelles règles européennes, comme la loi sur les marchés numériques, la loi sur les services numériques et le paquet "Fit for 55", notre réglementation ne peut rivaliser avec de tels investissements.

Si l'Europe se contente de réglementer et n'investit pas, nous serons perdants dans la course mondiale.

Tout plan pour la transition verte et numérique de l'Europe ne fonctionnera que si l'industrie européenne ainsi que ses petites et moyennes entreprises en font partie intégrante. Il est très important que nous traitions les objectifs verts, numériques, économiques et industriels sur un pied d'égalité, car ils sont tous dépendants les uns des autres. Tous ces objectifs doivent être réunis dans des mesures concrètes pour l'écosystème industriel.

Ambitieux mais réaliste

Nous sommes favorables à des objectifs très ambitieux, comme la réduction des émissions à zéro d'ici 2050. Toutefois, il est impératif que nous restions réalistes et que nous donnions à notre industrie les moyens de développer des technologies de décarbonisation de pointe en Europe. Nous devons veiller à ce que nos règles climatiques ne poussent pas certains secteurs industriels et commerciaux vers d'autres continents.

Les dépenses et les incitations publiques doivent être alignées sur les priorités que nous avons définies dans notre stratégie industrielle.

Sauver la planète est une question d'urgence mais nous voulons que les entreprises européennes restent et prospèrent en Europe. C'est le seul moyen connu de garantir des emplois haut de gamme à nos concitoyens et aux nouvelles générations. Ne perdons pas cette clairvoyance.

Pascal Arimont , député européen du Groupe PPE
Christian Ehler, coordinateur en commission  parlementaire de l'industrie, de la recherche et de l'énergie

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