chronique

Et si on en profitait pour encourager aussi son boss?

Coach de vie professionnelle et consultante en gestion d’entreprises

Le moment est idéal pour communiquer, rassurer, questionner et transformer le stress de cette crise en une énergie positive et créatrice. Pour ce faire, le patron a lui aussi besoin d’être épaulé.

Fabienne Bister. ©doc

En ce début septembre, marqué par un retour progressif au présentiel dans certains organismes, la question est partout dans les médias : comment les managers peuvent-ils accompagner leurs collaborateurs pour leur faciliter la vie, les écouter, et gérer les tensions internes liées aux peurs diverses ?

En direct sur LN24 récemment, j’ai suggéré aux CEO et aux responsables des ressources humaines de se montrer souriants et rassurants, car peu d’entre eux mesurent combien leur humeur est guettée chaque jour par leurs équipes.

Et si la réciproque était vraie? Et si chaque membre d’une équipe avait un rôle à jouer dans ce nouvel équilibre à trouver, après une crise qui a bouleversé la norme des relations? N’oublions pas que la Belgique est une terre de PME et que 98% des entreprises y comptent moins de cinquante personnes.

Dans chaque organisation, les managers et parfois leurs DRH ont dû adopter un rôle inattendu de parentalité: en plus de bien faire leur boulot, il a fallu assurer face à la crise, et faire fi de ses propres angoisses.

Dans toutes ces structures, le ou la «boss» n’est pas encadré.e par des directeurs de la finance, des RH, de la technique, etc.  Il ou elle doit porter énormément de responsabilités et de compétences seul.e. 

Or, dans chaque organisation, les managers et parfois leurs DRH ont dû adopter un rôle inattendu de parentalité: en plus de bien faire leur boulot, il a fallu assurer face à la crise, et faire fi de ses propres angoisses. Ne nous voilons pas la face: nombre d’entre eux sont en très petite forme, proches de l’épuisement, ayant dû gérer des situations inhabituelles, frôlant parfois la faillite. Qui les encourage, les écoute, leur remonte le moral, les aide à dénicher leurs ressources pour affronter ces défis?

Montagnes russes émotionnelles

Dans certaines grandes sociétés, les membres du comité de direction, s’ils sont bienveillants, demandent au CEO comment il se sent, et sont à l’écoute de son désarroi face aux montagnes russes émotionnelles de ces derniers dix-huit mois.  En quoi serait-il absurde que certains collaborateurs s’inquiètent auprès de leur boss pour savoir comment il ou elle va vraiment? Pas par opportunisme, même si une entreprise est toujours à l’image de son patron et qu’il est donc intéressant qu’il aille bien! Mais avec le cœur, entre êtres humains qui ont traversé un océan houleux.

Chacun.e peut choisir d’arriver avec un sourire et de la bonne humeur le matin, écouter vraiment ses collègues et les rassurer plutôt que colporter des rumeurs. Chacun. e peut contribuer à ce que tout le monde retrouve confiance, ait envie de faire son job le mieux possible, partage le plaisir d’avoir un emploi, se montre flexible face aux avis et besoins des autres, même et surtout s’ils sont différents des siens.

"Bravo et merci"

Les experts parlent sans cesse de (re)donner du sens à l’entreprise et aux fonctions exercées. Sens en tant que signification et valeurs, mais aussi sens comme direction vers laquelle aller tous ensemble, ou encore comme bon sens au travail ! Puisque cela implique tous les collaborateurs, ce serait génial qu’une partie de ces sens divers soient initiés par l’équipe, et suggérés aux managers.  Pourquoi attendre que cela vienne « d’en haut » ?

Le boss a besoin d’être épaulé, et pas seulement par ses plus proches collaborateurs.

Le moment est idéal pour communiquer, rassurer, questionner et transformer ce stress et la large palette d’émotions traversées récemment en une énergie positive et créatrice. Pour ce faire, le boss a besoin d’être épaulé, et pas seulement par ses plus proches collaborateurs.  Le « normal » n’existe plus, la « norme » a changé et d’autres crises surviendront : le temps est-il venu d’encourager – sincèrement ! - son boss, voire de lui dire « bravo et merci », et de trouver un nouvel équilibre dans l’incertitude ?  Qui ose tester la formule ?

Fabienne Bister
Coach de vie professionnelle
Consultante en gestion d’entreprises

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