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Eviter les burn-out passe aussi par une bonne gestion des congés

En offrant une semaine de congé à une partie de ses employés, Nike espère éviter des cas de burn-out. Ce faisant, l'entreprise ne s'attaque pas aux causes des problèmes liés au bien-être mental des travailleurs...

Ces dernières années, le nombre de burn-out et d'absences de longue durée a systématiquement augmenté. Dans le même temps, de nombreuses personnes se retrouvent avec des jours de congé excédentaires à la fin de l'année.

En réponse à cette tendance, l’entreprise Nike a annoncé le mois passé qu'elle offrirait à tous les membres du personnel de son siège social une semaine de vacances collectives, avant de retourner au bureau.

Nike espère ainsi éviter des cas de burn-out ou d'autres problèmes liés au bien-être mental au sein de son équipe. Cette initiative a d'ailleurs valu à l'entreprise américaine le label de "bon employeur". Et, de fait, pour une multitude de raisons, il s'agit effectivement d'une bonne initiative.

Tout d'abord, les travailleurs ont besoin de récupérer, surtout en période d’activité intense, ne serait-ce que pour réduire le risque d'erreurs. D'autre part, la communication transparente de la part de la direction de Nike a très concrètement permis à des sujets tels que la santé mentale d’être également abordés entre collègues, ce qui est une très bonne chose.

Gare au report de congés...

Encourager les travailleurs à prendre des jours de vacances constitue également une bonne initiative car tous les travailleurs n’en prennent pas assez...

À la fin de chaque année, les employeurs constatent en effet systématiquement qu’une partie d’entre eux n'ont pas pris tous leurs congés à temps. Pour certains travailleurs, l'accumulation de travail est une raison suffisante pour reporter leur congé et, au cours des deux dernières années, les restrictions de voyage sont venues s'ajouter à cette tendance, amenant encore davantage de personnes à reporter leur congé.

Des recherches internationales ont montré que les pays dans lesquels les travailleurs prennent des vacances sont au final les pays où les travailleurs sont les plus productifs.

S'absenter et se couper du travail devrait être "normal", même si ce n'est que pour une courte période, et même si vous ne voyagez pas. A cet égard, des recherches internationales ont montré que les pays dans lesquels les travailleurs prennent des vacances sont au final les pays où les travailleurs sont les plus productifs. On peut supposer que cela s'applique également aux entreprises individuelles.

Cependant, pour un certain nombre d'autres raisons,il y a quelques réserves à propos de cette initiative. En effet, les travailleurs tirent généralement le plus grand profit d'une récupération échelonnée et structurelle adaptée à leurs besoins.

Une semaine de congé supplémentaire n'est manifestement pas suffisante pour éviter le burn-out. En plus d'une période de longues vacances chaque année, chaque travailleur devrait avoir le droit à des jours de congé tout au long de l'année ainsi qu’à des pauses hebdomadaires et quotidiennes.

Certains employeurs n'apprécient sans doute pas les jours de congé imprévus mais ils sont pourtant nécessaires afin d’établir un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. En outre cela permet aux travailleurs de bénéficier d'une approche adaptée à leurs besoins personnels et donc d'une récupération sur mesure.

Autonomie et confiance

Le fait que le télétravail engendrerait un stress supplémentaire ne s'applique pas à tout le monde. Par exemple, tous les travailleurs n’avaient pas de jeunes enfants à surveiller chez  eux durant le confinement. En réalité, les travailleurs ont surtout besoin d'autonomie et de confiance.

Afin de prévenir les burn-out, il faut avant tout s'attaquer à ses causes, à savoir le déséquilibre entre les exigences liées au travail et les ressources.

Aussi, dans le cas de Nike, qu'en est-il du personnel qui ne travaille pas au siège ? Qu'est-ce que cette semaine de vacances supplémentaire signifie en termes d’équité ?

En conclusion, afin de prévenir les burn-out, il faut avant tout s'attaquer à ses causes, à savoir le déséquilibre entre les exigences liées au travail (pression du travail, conflits entre tâches ou entre collègues...) et les ressources (autonomie, soutien des supérieurs et des collègues...).

L’adage "mieux vaut prévenir que guérir" prend tout son sens ici et le label "bon employeur" décerné à Nike exige certainement plus qu'une semaine de vacances collectives.

Heidi Verlinden
HR Research Expert Securex

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