L'humiliation des Etats-Unis est totale

Miami Beach, il y a deux jours. ©EPA

L'incompétence de Trump dans sa non-gestion de la crise du Covid-19 nous a anéantis, se lamente le New York Times. Où sont les appels à sa démission ?

Si vous avez la chance de vivre en Nouvelle-Zélande, le cauchemar du coronavirus est terminé. Le gouvernement y a presque levé toutes les restrictions en juin.

C’est le cas aussi à Taiwan qui organise désormais des matchs de base-ball avec 10.000 spectateurs. L'Italie, qui était autrefois l'épicentre de l'épidémie en Europe, reste en état d'urgence, mais les bars sont ouverts et les touristes ont commencé à revenir.

Et l'Amérique ? La semaine dernière, à l'échelle mondiale, le plus grand nombre de cas par habitant se situait … en Arizona, suivie par la Floride. Le monde nous est fermé. Selon Lawrence O. Gostin, professeur de droit de la santé à Georgetown, un retour à la " normalité " ne sera pas possible avant l'été 2022. Deux années de notre vie, volées par Donald Trump.

Alors que notre pays plonge dans un trou noir, l'administration mène une guerre de relations publiques contre son propre expert en maladies, Anthony Fauci, en essayant de convaincre les médias qu'on ne peut pas lui faire confiance.

Trump tente aussi de discréditer les " Centers for Disease Control and Prevention " (CDC), en retweetant les divagations conspiratrices de l'ancien animateur de jeux télévisés Chuck Woolery : "Les mensonges les plus scandaleux sont ceux qui concernent la Covid-19. Tout le monde ment. Le CDC, les médias, les démocrates, nos médecins".

L'Amérique s'est longtemps imaginée un colosse en pleine forme. Elle sortira probablement de cette calamité humble et décrépie. Une génération d'enfants américains verront leur éducation dérailler, et de nombreux parents qui ne perdent pas leur emploi à cause de la crise économique verront leur carrière ruinée par les exigences de la garde d'enfants.

L'humiliation internationale du pays est totale ; les historiens peuvent se disputer sur le moment où le siècle américain a commencé, mais je doute qu'ils soient en désaccord sur celui où il s'est terminé.

Les conséquences psychologiques seront à elles seules incalculables. Et pourtant, il n'y a pas d'appels à la démission du président. Les gens semblent se sentent impuissants. Personne n'attend plus qu'il fasse son travail ou qu'il rende des comptes. C'est ainsi que vous savez que le pays était brisé avant même l'arrivée du coronavirus.

Cet article publié dans le New York Times a été traduit et résumé par nos soins. https://www.nytimes.com/

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