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La relance passera par l’horeca et la consommation solidaire

Il est évident que la consommation des ménages jouera un rôle déterminant dans la croissance future dans notre pays. Si cette épargne n’est pas réinjectée dans notre économie, ou si elle se dirige vers des produits importés de l’étranger, nous allons créer du déficit et creuser nos dettes publiques.

Après plus d’un an de crise, l’horeca et la culture pourront, enfin dès demain, reprendre leurs activités. C’est une excellente nouvelle, attendue depuis longtemps par des milliers d’établissements et d’individus fortement éprouvés par la pandémie.

Olivier Bouquet. ©Tim Dirven

Cependant, ces réouvertures, assorties de contraintes logistiques, ne suffiront pas pour soutenir ces secteurs qui représentent une part très importante du tissu entrepreneurial de notre pays. La réouverture des terrasses en ce mois de mai plus automnal que jamais nous en a livré la preuve. Il faudra également espérer que les établissements ne soient pas victimes d’un « effet de mode » qui verrait les clients affluer durant les premières semaines et mois pour se dissiper ensuite. Aujourd’hui, la restauration, au même titre que le tourisme ou la culture, a plus que jamais besoin d’aide pour redémarrer.

Consommer solidaire

Il convient donc d’inciter les Belges à consommer solidaire. En ce début d’année, les Belges disposaient de plus de 274 milliards d’euros sur leurs comptes épargne.[1] Nous avons épargné 15 milliards de plus en 2020. Mais en ces temps d’incertitudes, nos compatriotes ne sont pas spécialement enclins à recourir à leur compte bancaire. Pourtant, il est évident que la consommation des ménages jouera un rôle déterminant dans la croissance future dans notre pays.

L’« helicopter money », c’est-à-dire la distribution d’argent liquide aux ménages sans discernement ni contrainte, produit peu d’effet d’entrainement sur l’économie réelle.

Si cette épargne n’est pas réinjectée dans notre économie, ou si elle se dirige vers des produits importés de l’étranger, nous allons créer du déficit et creuser nos dettes publiques. L’« helicopter money », c’est-à-dire la distribution d’argent liquide aux ménages sans discernement ni contrainte, produit peu d’effet d’entrainement sur l’économie réelle. C’est pourquoi il est essentiel que nous favorisions la consommation locale belge via des solutions dédiées et une stratégie à long terme. La relance de notre économie et des secteurs les plus touchés passera par l’argent fléché.

Orienter la consommation

Au contraire de l’« helicopter money », les dispositifs d’argent fléché, comme le chèque consommation, permettent à la fois d’inciter à dépenser (grâce à une date de péremption), tout en orientant la consommation vers des secteurs ou des produits ciblés. Ils permettent également de répondre aux besoins fondamentaux des acteurs du monde du travail : se nourrir, se déplacer, régler ses achats et prendre soin de ses collaborateurs.

Les solutions d’argent fléché constituent donc une réponse efficace pour faire de la consommation un puissant levier de la relance.

L’argent fléché a déjà été utilisé à plusieurs reprises pendant la crise. Au niveau européen par exemple, le Fonds européen d’aide aux plus démunis a modifié ses modalités de distribution et ouvert la voie à l’utilisation de titres sociaux, afin de permettre aux personnes en situation de précarité d’accéder à des biens de première nécessité. Pas moins de 12 pays européens étudient actuellement la possibilité de développer les chèques vacances.

Ces dispositifs ont un effet « déclencheur » et  « multiplicateur » : les utilisateurs ont tendance à dépenser plus que le montant qui leur est octroyé.

La trajectoire de croissance en Belgique, comme partout dans le monde, dépend aujourd’hui plus que jamais de la dynamique de consommation des ménages et du soutien que nous apporterons aux secteurs les plus touchés. Simples à mettre en œuvre et déjà largement éprouvées, les solutions d’argent fléché constituent donc une réponse efficace pour faire de la consommation un puissant levier de la relance.

Olivier Bouquet
Ceo Edenred Belgique

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