Les coulisses de la rédaction

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Les prix de l’immo et… de la bière

Klaas Knot, le président de la Nederlandsche Bank. ©ANP


Vendredi, la Banque nationale de Belgique (BNB) était «à votre écoute» pendant plus de trois heures. Entouré par deux journalistes, Valerie Bauwens et Maxime Paquay, le gouverneur de la BNB Pierre Wunsch a participé à une table ronde numérique où des représentants d’organisations de la société civile belge (Croix-Rouge, Ligue des Familles, Fondation Roi Baudouin…) ont pu parler des taux d’intérêt, de l’inflation, de la pauvreté, des inégalités ou du climat. Un très bel exercice.

En duplex depuis les Pays-Bas, Klaas Knot (photo), le président de la Nederlandsche Bank, avec une belle cravate orange (cela s’imposait en tant que Néerlandais), a écouté tout cela d’une oreille attentive. Finalement, il s’est rendu compte que les préoccupations des Belges n’étaient pas très différentes de celles des Néerlandais. D’emblée, Knot avait indiqué que lors d’un exercice similaire aux Pays-Bas (auquel Pierre Wunsch a participé), ses compatriotes avaient épinglé les effets négatifs des taux bas pour les épargnants ou la hausse des prix de l’immobilier qui rend l’accès à la propriété compliqué pour les jeunes.

À propos des jeunes précisément, un jeune étudiant de Gand a épinglé vendredi la hausse des prix des kots, des transports en commun mais aussi de la bière. "Je dois en parler en tant qu’étudiant. C’est mon devoir absolu". Le prix de la bière augmente sans cesse, a-t-il déploré. Alors, "n’oubliez pas la bière", a-t-il conclu avec un petit sourire en coin.

Une nouvelle fondation solide comme la bière…

La fondation privée est devenue attrayante en Belgique depuis la réforme de 2019, qui a fait sauter l’obligation d’y avoir au moins trois administrateurs. Un seul administrateur suffit désormais, ce qui rend ce type de société beaucoup plus attrayant pour les entrepreneurs soucieux de partager leurs actions avec leurs proches mais souhaitant néanmoins garder le contrôle de leur entreprise. Le bureau conseil BDO a publié cette semaine une petite analyse, qui montre que l’an dernier, les Belges se sont rués sur la formule en créant beaucoup plus de fondations qu’avant. Reste à voir s’il y a parmi ceux-ci quelques actionnaires ou dirigeants fameux… Le site d’info De Rijkste Belgen nous donne une première réponse: il a repéré une nouvelle fondation baptisée Stichting Pelikaan. Elle a été créée par Charlotte Kwist, une Néerlandaise qui réside en Belgique. Charlotte Kwist est la nièce de Dik Hoyer, qui détient 5,79% du capital… de Heineken, le deuxième brasseur mondial, soit pour pas loin de 2 milliards d’euros. Et Charlotte Kwist représente les intérêts de son oncle dans toute une série d’organes de contrôle du brasseur. On peut donc supposer qu’elle participe aussi de quelque manière à la détention d’actions du groupe. Et elle a opté pour un seul administrateur dans sa fondation (elle-même), ce qui «colle» avec les conclusions de BDO. Rien de malt à ça, évidemment…

Comment Graton a déniché Julie Wood

Elle aurait pu être la sœur de Michel Vaillant. Tout comme le héros de Jean Graton (décédé jeudi à l’âge de 97 ans), Julie Wood possède le courage, la ténacité et un sens exceptionnel de la trajectoire. À cela s’ajoute un charme indéniable. Ce que l’on sait moins, c’est que la blonde héroïne de Jean Graton existe aussi dans la vie réelle. La personne qui a servi de modèle pour Julie Wood dans les 8 albums parus entre 1976 et 1980 est Dominique Biarent, une amie du fils ainé de Jean Graton. Âgée de 18 ans à l’époque, cette étudiante en médecine officiait en tant qu’«umbrella girl» de Giacomo Agostini sur le circuit de Nivelles. Elle est aujourd’hui chef de service des soins intensifs à l’Hôpital universitaire des Enfants Reine Fabiola. Comme Julie Wood au sein de la confrérie soudée – voire un brin machiste – des motards, Dominique Biarent a eu le mérite de se faire une place dans un monde médical à l’époque essentiellement masculin.

Du sang mauve

En début de semaine, le décès de Pascal Minne à l’âge de 70 ans a suscité un profond émoi dans les milieux économiques et financiers. Ce grand spécialiste de la fiscalité belge avait œuvré chez Petercam et PwC. Mais Pascal Minne avait une autre grande passion: le Sporting d’Anderlecht (RSCA) dont il est devenu administrateur et actionnaire. Il avait réellement du sang mauve dans les veines. Lors d’une interview en 2013, il nous avait indiqué que pour aller au stade, il prenait encore très souvent le métro jusqu’à la station Saint-Guidon. «Dans la rue qui mène au stade, rien n’a vraiment changé depuis mon enfance» nous confiait celui qui a joué dans les années 60 dans les équipes d’âge d’Anderlecht. Tout comme Alexandre Van Damme ou Étienne Davignon, il a toujours préféré vivre le match dans les tribunes plutôt que dans les loges. Et il était intarissable sur la génération des Van Himst, Heylens, Jurion et autres Mulder. Mardi dernier, Anderlecht a battu Charleroi 3-0. S’il avait pu voir cela, il aurait sans nul doute apprécié…

Quand deux Vincent se rencontrent…

Mardi dernier était organisé le traditionnel événement de Nouvel An d’Euronext et de Guberna. Pas de public invité cette année, crise sanitaire oblige, mais trois personnes réunies dans un studio à Bruxelles. Vincent Dessel, le président et CEO d’Euronext Bruxelles, et Sandra Gobert, la directrice exécutive de l’institut des administrateurs Guberna, accueillaient un invité de marque en la personne de Vincent Van Peteghem, vice-Premier et ministre (CD&V) des Finances. Pour l’occasion, Vincent Van Dessel avait déplacé la fameuse "bell", la cloche qui sert à sonner le début des transactions. Et là, petit dérapage verbal sympathique du patron de la Bourse, qui a demandé au jeune ministre de 40 ans de «faire la cloche» pour lancer l’événement. En temps normal, cela aurait suscité une certaine hilarité dans le public. Mais comme il s’agissait d’une visioconférence, on n’a rien entendu. Dommage… Lors de l’événement, Vincent Van Dessel n’a pas hésité à rappeler toutes les taxes qui se sont succédé et qui ont déstabilisé le monde boursier: la taxe des riches, la taxe sur la spéculation et la taxe sur les comptes-titres… Il a réitéré au passage sa proposition de diminuer le précompte mobilier pour les petites valeurs et d’encourager plus largement tous ceux qui investissent dans les sociétés. Pour une «première» dans un tel événement, Vincent Van Peteghem s’en est sorti avec tous les honneurs. Il a d’ailleurs reconnu la nécessité de mieux activer l’épargne des Belges pour soutenir les entreprises dans le cadre du fonds de transformation de la Société fédérale de participations et d’investissement (SFPI). Vincent Van Dessel l’avait dit: un ministre qui porte un tel prénom, cela ne peut être que positif pour la bourse…

Madame Lagarde ou Christine?

©REUTERS

Jeudi, la Banque centrale européenne a présenté Wolfgang Proissl, son nouveau directeur de la communication, assis (à distance) de la présidente Christine Lagarde lors de la conférence de presse. Ce diplômé en économie et en journalisme remplace Christine Graeff qui a quitté la BCE pour rejoindre le secteur privé. Depuis 2012, Proissl était responsable de la communication du Mécanisme européen de stabilité. Avant cela, il a été correspondant à Francfort du Financial Times (FT) Deutschland. Il a également été chef du bureau de Bruxelles.
Le FT et la BCE, c’est une longue histoire. Si la BCE veut faire passer un message important, le journal saumon est presque un passage obligé. L’an dernier, lors d’une conférence de presse, le journaliste Martin Arnold en poste à Francfort, s’était même permis un "bonjour Christine" avant de poser sa question à la présidente. Oups! Depuis lors, il en est revenu à un plus traditionnel "Madame Lagarde". Un peu de distance, voyons…

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