Les coulisses de la rédaction

Annelies Verlinden ©Photo News

Chaque semaine, L'Echo vous livre quelques informations récoltées en coulisses.

Clarinval mieux doté que Verlinden

C’était avant la sortie de la ministre de l’Intérieur et des Réformes institutionnelles Annelies Verlinden (CD&V) sur sa vision de la réforme de l’État, qui a déclenché un torrent de réactions. Le député Sander Loones (N-VA) l’interrogeait sur le nombre de personnes qui, dans son cabinet, travaillent sur cette réforme institutionnelle. La ministre a alors confirmé qu’actuellement, deux de ses collaborateurs seulement se consacraient exclusivement à ce dossier. Selon le député N-VA, au cabinet du ministre des PME mais aussi des réformes institutionnelles David Clarinval (MR), ils seraient six ou sept. Un chiffre que confirme plus ou moins le cabinet Clarinval – cinq personnes s’y occupent à temps plein de cette réforme, deux autres à temps partiel, mais il arrive que cette cellule vienne en soutien sur d’autres matières.
L’intention affichée par la ministre Verlinden de promouvoir les collaborations avec d’autres cabinets sur la réforme institutionnelle n’a pas rassuré le député du nord du pays. "Madame la ministre, c’est une demande explicite, soyez sûre de prévoir un staff suffisant sur le dossier institutionnel. Soyons honnêtes, dans ce dossier, il y a différentes sortes d’acteurs. Il y a ceux qui tirent et il y a ceux qui freinent, et je ne sais pas si on peut nécessairement les trouver dans les deux cabinets." La récente sortie de la ministre Verlinden aura peut-être eu davantage d’effets pour tranquilliser la N-VA…

Un bouclier fiscal pour moins de 10% des contribuables

Le président du MR Georges-Louis Bouchez présentait il y a quelques semaines dans nos colonnes son idée d’un bouclier fiscal à 33% sur le travail: un travailleur ne laisserait jamais plus d’un tiers de ses revenus à l’État. "Cela va donc concerner les classes moyennes, puisqu’au-delà d’un peu plus de 41.000 euros, on se retrouve déjà dans une tranche où l’impôt peut aller jusqu’à 55%, si on prend en compte les additionnels communaux" affirmait dans l’interview Georges-Louis Bouchez.
Le député Marco Van Hees (PVDA-PTB) a interrogé le ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), pour savoir quelle serait la part des contribuables – par personne et non par déclaration – qui profiterait d’un tel plafonnement à 33%. La réponse du ministre? "Les contribuables qui bénéficieraient d’un plafonnement de l’impôt des personnes physiques à un taux moyen de 33% sont les contribuables appartenant au dixième décile dont le taux moyen est supérieur à 33%." Certes, le chiffre n’inclut pas les additionnels communaux. "Mais même en les ajoutant, seuls les 8% les plus riches bénéficieraient de ce bouclier fiscal", affirme Marco Van Hees sur base de ses propres simulations, basées non pas sur les déciles mais sur les centiles.

Jean-Claude Juncker et les douaniers belges

Jean-Claude Juncker. ©REUTERS

L'ancien président de la Commission européenne s'est confié à différents journaux et c'est plutôt savoureux. Ainsi, dans un entretien accordé à nos confrères luxembourgeois de Paperjam, Jean-Claude Juncker confie qu'il avait conseillé à Joe Biden de se présenter aux présidentielles américaines. Serait-il le responsable de sa candidature? En fait, c'était en 2016. "Nous en avions parlé et je lui avais dit qu’il devait être candidat. Il était le bras droit d’Obama, c’était le moment… Avec beaucoup de franchise, il m’avait alors confié ne pas en avoir la force, être fatigué à l'époque." Finalement, l’heure de Biden sonnera quatre ans plus tard. "Je suis heureux pour lui" dit l'ancien Premier ministre luxembourgeois. Cet épisode nourrira sans doute ses mémoires qu'il envisage de publier le moment venu. "La pandémie m’empêche de consulter mes archives à Bruxelles, une partie étant aussi à l’université de Florence. Mais je n’ai pas d’archivistes à ma disposition. D’autres aléas m’empêchent aussi, pour le moment, de m’imposer la discipline nécessaire à la rédaction, mais le projet est toujours là, évidemment." La pandémie a aussi bousculé son emploi du temps. «J’allais un jour et demi par semaine à Bruxelles, partant le mercredi matin pour revenir le jeudi. Mais la pandémie a aussi un peu changé les choses, notamment au niveau des trajets transfrontaliers. Même si je pense que les douaniers belges me laisseraient encore passer. Je l’espère, du moins…"

Un meilleur timing que Dominique Leroy

Marc Grynberg semble avoir été mieux avisé que Dominique Leroy. Ou plus prudent, c’est selon. Le CEO d’Umicore a sagement attendu que son groupe annonce son prochain départ avant de réaliser une série d’opérations d’initié. Le 12 février dernier, c’est-à-dire le lendemain de l’annonce officielle, il a vendu pour 2,1 millions d’euros d’actions Umicore, puis trois jours plus tard il a cédé des titres supplémentaires pour 1,4 million d’euros. Et selon nos calculs, il a réalisé sur ces opérations un profit brut de 2,3 millions d’euros. L’ex-CEO de Proximus avait, pour sa part, vendu pour 285.000 euros d’actions de sa compagnie au début du mois d’août 2019, quelques semaines avant qu’on annonce son départ pour KPN. Un timing qui lui avait valu un soupçon de délit d’initié, avec les conséquences que l’on sait. Peut-être est-ce la mésaventure vécue par Dominique Leroy qui aura inspiré ce calendrier très pointu à Marc Grynberg. Avant cela, il n’avait plus effectué d’opération classifiée "initié" depuis huit mois (fermes). Ou alors, il n’a pas pensé à Leroy, mais s’est juste aligné sur le calendrier de com’ de son entreprise, auquel cas on pourra nous reprocher d’avoir cherché midi à quatorze heures!

Le recyclage, chez Groen, on connait

Épisode amusant, la semaine dernière, en commission de l’Énergie à la Chambre. L’ancienne ministre fédérale de l’Énergie, Marie Christine Marghem (MR), interrogeait Tinne Van der Straeten (Groen), qui lui a succédé, sur une disposition légale qui prévoit que l’État doit être représenté au sein du conseil d’administration d’un certain nombre de sociétés anonymes actives dans le secteur de l’énergie. Et Marie Christine Marghem de demander si Electrabel ne devrait pas recevoir un représentant du gouvernement au sein de son conseil d’administration. Le sel de l’histoire, c’est qu’il y a plus de dix ans, Tinne Van der Straeten, alors parlementaire, bataillait sur ce sujet. Et que pour répondre à Marie Christine Marghem, elle a simplement recyclé  les réponses que Paul Magnette (PS), alors ministre de l’Énergie, lui faisait à l’époque. À savoir que cette disposition avait été instaurée longtemps avant la libéralisation du marché de l’électricité. Qu’entretemps, la Creg avait repris de nombreuses missions. Que si l’État disposait de ce droit pour Distrigaz, ce n’était pas le cas pour Electrabel. Et qu’adopter une nouvelle loi pour disposer de ces représentants chez Electrabel serait un exercice délicat. «Le gouvernement privilégie dès lors la mise en place de mécanismes pour l’échange d’informations», concluait alors Paul Magnette. "Selon moi, ces réponses restent d’actualité", a déclaré Tinne Van der Straeten. "Je constate qu’en dix ans, la ministre a pris de la maturité en faisant siennes les réponses des ministres qu’elle avait alors interrogés et contre lesquelles elle bataillait ferme pour obtenir un représentant du gouvernement dans une société telle qu’Electrabel", a répliqué Marie Christine Marghem. "Je m’en réjouis."

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