Les coulisses de la rédaction

Pierre-Yves Dermagne. ©BELGA

Chaque semaine, L'Echo vous livre quelques informations récoltées en coulisses.

Des habitudes politiques qui ont la vie dure

PS et MR s’accrochent aux collaborateurs d’ex-ministres. Au niveau fédéral comme ailleurs, les deux collaborateurs accordés à tout ministre sortant jusqu’au départ du gouvernement qui lui succède n’ont plus vraiment la cote. L’avantage est, il faut bien le dire, difficile à défendre en même temps qu’une politique budgétaire chassant les dépenses superfétatoires de l’État. C’est aussi l’avis du Premier ministre qui s’est fendu récemment d’une proposition visant à supprimer ce système à partir de 2024. Alexander De Croo est suivi par tous les partis flamands de la Vivaldi ainsi que par Ecolo mais se heurte à la résistance de deux partis francophones. PS et MR font de la résistance, confirme-t-on à plusieurs sources. Interrogé par L’Echo, Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier PS, ne souhaite d’ailleurs "pas réagir à la question posée" tandis que côté MR, on invoque l’accord de gouvernement où ne figure pas cette réforme. Pour cause, discutée au moment de former la Vivaldi, elle n’avait déjà pas fait consensus. Oui, il y a des habitudes politiques qui ont la vie dure. Très dure.

Propositions engageantes?

L’aspiration des citoyens est parfois surprenante, voire déroutante… Lancé depuis plusieurs mois dans une course contre la montre pour boucler un plan de relance - dénommé Get Up Wallonia - le gouvernement wallon a néanmoins pris le temps de passer par la case "citoyen" en lançant fin 2020 une consultation auprès des Wallons et des Wallonnes. Le processus permettait aux citoyens de rentrer des propositions inspirantes pour la Wallonie ou de débattre sur les idées des autres.
Les résultats sont tombés il y a plusieurs semaines. Si de nombreux citoyens ont fait part de leur envie de voir apparaître une forme d’Amazon local permettant de promouvoir les circuits courts en Wallonie, on attend de voir dans le plan de relance si le gouvernement va reprendre les propositions qui sont les plus engageantes ou qui ont suscité le plus d’interactions, comme celle qui traite du renouvellement du bail de l'ASBL Les Rênes de la Vie ou la proposition de décret relatif à la protection contre les éventuels effets nocifs et nuisances provoqués par les rayonnements non ionisants. Une autre idée reprise dans le top 10 des propositions les plus engageantes plaide pour que "chaque dépouille mortelle humaine puisse contribuer à faire grandir une centaine d’arbres en Wallonie, grâce au terreau obtenu en 12 mois par sa mise en humusation, tout en régénérant des sols endommagés par l’exploitation humaine". L’idée peut faire sourire. Surtout quand on parle de relance socio-économique. Pour la petite histoire, cette question d’humusation des corps a déjà fait l’objet d’un test grandeur nature avec des porcs. Les essais avaient été lancés par le socialiste Pierre-Yves Dermagne, alors ministre wallon, et les résultats se sont avérés peu concluants au niveau de la décomposition des carcasses. On vous passe les détails, mais ils devraient clôturer le débat, nous dit-on !

L'Hôtel des Finances délaissé en partie

Vincent Van Peteghem. ©Karoly Effenberger

Une partie importante du cabinet du ministre des Finances, Vincent Van Peteghem (CD&V), devrait profiter des vacances de Pâques pour déménager vers de nouveaux bureaux au Parc Atrium, rue des Colonies. Construit en 1782, l’Hôtel des Finances situé au 12 rue de la Loi abrite de belles enfilades de salons luxueusement décorés de stucs et de marqueterie. Il a notamment été occupé, en 1815, par le prince Guillaume Frédéric d’Orange-Nassau. Mais malgré son prestige et son histoire, et en dépit d’une rénovation en 2007, le bâtiment est tout sauf pratique. L’Hôtel des Finances sera toujours utilisé, notamment pour accueillir des visiteurs de marque. Mais le gros des troupes va s’éloigner de quelques centaines de mètres pour emménager dans des bureaux plus confortables.

Vaccination à la cafétéria

Les eurocrates n'auront pas à faire le déplacement dans les centres de vaccination du tout-venant pour se faire administrer leur(s) dose(s) de vaccin. La Commission européenne met en place son propre centre de vaccination sur deux étages de son bâtiment Breydel, à Etterbeek. Les 21.000 membres du staff de la Commission, plus une dizaine de milliers issus de plus petites institutions, vont donc défiler dans la cafétéria et le mess des fonctionnaires au Budget. Trois autres centres d'injection institutionnels sont prévus, pour le Parlement européen, le Conseil de l'UE, et l’Otan. Le Parlement est le premier à avoir proposé aux autorités belges de les décharger de la vaccination de ses effectifs - il avait initialement proposé de vacciner ses pensionnés et les familles de ses employés, mais la proposition a été écartée, vu l’impossibilité pour la Commission de suivre, explique Alain Hutchinson, «Commissaire à l’Europe» de la Région bruxelloise. À ceux qui lèveraient le sourcil en s’interrogeant sur l'intérêt du dispositif, la Commission répondra qu’il coulait simplement de source, puisqu’elle organise chaque année sa propre campagne de vaccination contre la grippe. Côté belge, on ajoute que ça résout aussi des questions administratives liées aux régimes particuliers des travailleurs européens. Ça permettra aussi à la «bulle» de ne pas avoir à se mêler à la "plèbe" dans les grands centres de vaccination du pays, notera-t-on au passage. Mais ce régime d’exception ne s’appliquera pas à leurs familles, et il se limite au lieu de vaccination: elle commencera en même temps que pour les autres résidents belges, selon le même rythme – en commençant par les personnes fragiles et quelque 500 «fonctions essentielles».

Sans langue de bois

En passant du cdH au MR, le député bruxellois Bertin Mampaka n’est pas devenu un adepte de la langue de bois. En témoigne un communiqué de presse envoyé cette semaine à la rédaction. Dans l’en-tête, le parlementaire annonce qu’il dénonce avec véhémence l’incompétence et l’inefficacité des agents économiques et commerciaux bruxellois. Et en effet, l’ancien humaniste n’y va pas avec le dos de la cuiller. Bertin Mampaka évoque "un tourisme institutionnalisé ainsi que des planques accordées et payées par les Bruxellois à certains représentants économiques et commerciaux". Selon lui, l’incapacité du secrétaire d’État bruxellois chargé du Commerce extérieur, Pascal Smet, de fournir des chiffres précis indiquant combien d’entreprises ont été accompagnées et coachées par ce réseau dans certains continents, particulièrement l’Afrique et l’Amérique du Sud, est une preuve de leur inefficacité. Bertin Mampaka réclame que l’on fixe des objectifs chiffrés à atteindre par "ces nombreux et improductifs agents économiques et commerciaux dont certains sont en poste depuis près de 20 ans dans le même pays sans que personne ne sache à quoi ils passent leur journée". Voilà une position qui a le mérite de la franchise et de la clarté...

Le conducteur de train et la Bourse

Pieter Eysermans, fan de Buffett. ©Debby Termonia

Mardi soir, les différents prix du Rallye Boursier de L'Echo et du Tijd ont été décernés aux différents gagnants. Non pas sur le podium d’Euronext Bruxelles comme c’est l’habitude, mais par visioconférence, Covid oblige. Cela n’a pas empêché Vincent Van Dessel, le patron de la Bourse de Bruxelles, de faire sonner symboliquement une petite cloche depuis son bureau, à défaut d’une vraie "bell ceremony". Le grand gagnant, Pieter Eysermans, conducteur de train à la SNCB, a remporté un compte de 10.000 euros chez MeDirect, grâce à des placements dans Fastned, Palantir et Tesla. Il souligne que ces derniers temps, il est devenu  plus prudent, redoutant une explosion de la bulle spéculative. Il avoue aussi que ses collègues de la SNCB lui demandent désormais des conseils boursiers. Mais son principal conseil reste d’acheter un fonds indicé sur le S&P 500 américain, le même conseil prodigué par Warren Buffett, son modèle. Sagesse boursière?  

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