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Les coulisses de la rédaction

Rumen Radev, le président bulgare à Bruxelles. ©EPA

L'Echo vous livre quelques informations récoltées en coulisses.

Baptême du feu à Bruxelles

Et à la fin de l’envoi, il touche! L’arrivée du président bulgare à la réunion du Conseil européen, lundi, restera dans les annales. Un coup d’éclat à faire pâlir de jalousie des milliers de comédiens privés de scène pendant trop longtemps. Alors que chaque dirigeant peut livrer son état/trait d’esprit devant la caméra du Conseil avant de rejoindre ses pairs, Rumen Radev a mis tout son être dans la prestation. Un baptême du feu pour lui, même s’il est en fonction depuis 2017: c’est d’habitude le Premier ministre qui représente la Bulgarie, mais le nouveau titulaire du poste lui a délégué le voyage à Bruxelles.
Le visage profondément investi, Rumen Radev – qui comme Cyrano de Bergerac fut militaire, il n’y a décidément pas de hasard – a donc livré à la ville et au monde cette tirade exemplaire: «C’est une réunion très importante pour tous les États membres et pour l’avenir de l’Union européenne. Nous faisons face à d’énormes défis et nous devons trouver le plus important: l’équilibre entre tous les facteurs qui influenceront notre développement à l’avenir. Nous avons besoin de solidarité pour prendre en considération les problèmes et les besoins de chaque État membre. Merci.»
Exemplaire: ni trop longue, ni trop courte, cette adresse présente l’avantage de ne rien dire et d’être dégainable en toute circonstance, quels que soient les dossiers sur la table. Un bijou du genre, pourtant éculé, de la langue de bois. Il est si lointain le temps où des journalistes étaient présents pour interroger les dirigeants à leur arrivée au Conseil. Mais s’ils avaient été là, on gage que contrevenant à tous les usages, ils auraient salué la prestation d’une standing ovation.

Quand Philippe Bodson nous obligeait à jouer les paparazzi…

La presse n’était pas la bienvenue à l’assemblée générale extraordinaire de Recticel, mardi dernier. Une assemblée délicate, qui se tenait à distance, dans un contexte de reprise hostile par l’Autrichien Greiner, mais qui se serait déroulée dans une atmosphère de résignation, la guerre de positions avec Greiner étant à peine mentionnée, selon les informations qui ont filtré. La proposition de «pilule empoisonnée» pour empêcher une prise de pouvoir totale par les Autrichiens a tout de même été rejetée par les actionnaires de la société dirigée par Olivier Chapelle…
La plupart des entreprises cotées en Belgique se montrent plus conciliantes, et ont pour habitude de faire approuver, en début d’assemblée, la présence éventuelle de journalistes par leurs actionnaires. Le refus de Recticel n’est toutefois pas une première. On se souvient toujours, à L’Écho et au Tijd, d’une assemblée générale cruciale du groupe d’ingénierie wallon Hamon, qui se tenait un 23 décembre, un vendredi après-midi pluvieux, en petit comité, chez un notaire de l’avenue Louise.
Le président de l’époque, Philippe Bodson, avait alors refusé l’entrée au tandem de journalistes des deux quotidiens. «Êtes-vous actionnaires?» avait-il lâché d’un air un peu narquois. Il avait eu un instant d’hésitation suite à notre réponse positive – historiquement, les deux journaux avaient acheté une action des principales sociétés cotées, pour accéder à l’information. Mais il s’était très vite ressaisi. «Et vous avez effectué les formalités prévues pour être admis?» Comme ce n’était pas le cas, nous n’avions eu d’autre choix que de tourner les talons et d’attendre en bas de l’immeuble que la réunion se termine, pour essayer de glaner quelques informations auprès des actionnaires présents. De quoi nous faire sentir un peu paparazzi…

Un arrêt un peu vache…

Un petit marché public pour un… robot trayeur de vaches s’est vu contesté par un des candidats évincés. Quatre entreprises avaient répondu à l’appel d’offres lancé par la province du Hainaut, et la société STR l’avait emporté. Le contrat portait sur quelque 155.000 euros. Parmi les non retenues, la société Bastien a déposé un recours devant le Conseil d’État. Comme si ce dernier n’avait pas d’affaires plus importantes à traire, pardon, à traiter… La proposition de Bastien avait été déclarée irrégulière pour des raisons fort techniques, mais cette entreprise a argué que la province n’avait pas vérifié le prix proposé. Le Conseil d’État a vérifié cette assertion et estimé qu’effectivement, la province avait fauté en omettant de contrôler ce point. Et hop, le marché a été suspendu. Le centre pour lequel la province voulait acquérir ce matériel devrait donc patienter. Les personnes qui devront traire devront-elles continuer à le faire à la main? Ce ne serait jamais qu’un pis-aller. On ne peut toutefois s’empêcher de penser que contester ce genre de marché, c’est faire beaucoup de foin… Mais la loi est stricte: la procédure assouplie pour les marchés publics est réservée aux dossiers de moins de 30.000 euros.

"QVert-code"

Tiens au fait, il a changé de nom le certificat Covid, ce sésame qui doit permettre aux Européens de voyager à travers l’Europe. Mais oui, souvenez-vous: pendant plus de deux mois, la Commission européenne a parlé du «Digital Green Certificate». Pourquoi vert? Une référence aux «green lanes», voies de passage (presque) sans contrôles entre les États membres pour les marchandises. Un clin d’œil un peu techno, mais bon, on l’aurait sans problème vendu au citoyen comme un «feu vert» pour les vacances. Le fait est que les institutions européennes ont mis la dernière touche à l’outil, le 20 mai, en modifiant au passage son nom. Ce sera désormais le «EU Digital Covid Certificate». Voyons donc. On a gardé la dimension numérique (même s’il sera aussi disponible sur papier, mais passons). On a ajouté un label européen – pourquoi manquer une occasion de souligner que c’est à l’Union que l’on doit cette libre-circulation qui nous manque tant? Mais surtout, on a fait disparaître le terme «vert». Pourquoi? On vous le donne en mille: le groupe éponyme au parlement européen (ze Greens) a mis son veto. Faudrait pas qu’on aille diluer le copyright écolo dans un QR-code, tout de même!

Un club en quête d'argent frais

Lors d’une rencontre avec les supporters du Standard, le président du club Bruno Venanzi a confirmé ces derniers jours qu’après l’échec retentissant des négociations avec François Fornieri, il souhaitait toujours trouver un partenaire financier prêt à entrer dans le capital du club. Si les négociations ne se finalisaient pas, il pourrait même injecter personnellement l’argent nécessaire pour augmenter le capital du Standard. En coulisses, il se dit que si un investisseur était prêt à racheter la totalité du club, l’affaire pourrait même être discutée. On parle d’un montant de quelque 50 millions d’euros, nous indique-t-on. La période n’est en tout cas pas facile pour le club qui comme d’autres a souffert de la crise sanitaire. La quête de revenus a d’ailleurs incité le Standard à vendre à l’avance ses droits TV à une banque allemande, la Raisin Bank, ce qui est une première dans le monde du football belge. C’est désormais à la Raisin Bank que la Pro League verse l’argent des droits. Raisin est une fintech basée à Berlin et qui a été créée en 2012. Pour rappel, le stade du Standard a été racheté par l’Immobilière du Standard où l’on retrouve notamment Bruno Venanzi, le professeur Jean-Yves Reginster (ULg) mais aussi les footballeurs Nacer Chadli et Axel Witsel.

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