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Les coulisses de la semaine

Chaque semaine, L'Echo vous livre quelques informations récoltées en coulisses.

Dur, dur, le fossé des générations!

Ou les «erreurs de jeunesse» de Frank Vandenbroucke… Le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (40 ans) avait un petit sourire en coin, mardi, en expliquant à la conférence de presse qui a suivi le conclave budgétaire sa décision de faire un premier pas vers l’extinction de la cotisation spéciale de sécurité sociale, dont il est bien décidé de se débarrasser à terme. Le Premier ministre Alexander De Croo (45 ans) souriait un peu plus franchement. Vincent Van Quickenborne (48 ans) était carrément en joie. Et les trois ne pouvaient s’empêcher de tourner leurs regards vers le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (65 ans).
C’est que cet impôt de crise a été instauré en 1994 par le gouvernement Dehaene, qui préparait alors l’entrée de la Belgique dans l’euro. Une cotisation de crise qui, 27 ans plus tard, est toujours là, et qui touche de plus en plus les salaires bas et moyens, puisque ses conditions d’application n’ont pas été indexées. Or, si Frank Vandenbroucke ne faisait pas encore partie du gouvernement Dehaene à l’époque, il allait le rejoindre quelques mois plus tard, après le départ de Willy Claes comme secrétaire général de l’Otan. Et surtout, Vandenbroucke était alors président des socialistes flamands: il a donc été immanquablement associé à la décision d’introduire cette cotisation spéciale. «Une erreur de jeunesse que répare maintenant Vincent», a lâché Van Quick, ce qui a fait rire jaune Frank Vandenbroucke. «À l’époque, c’était nécessaire» a-t-il rétorqué. Dur, dur, le fossé des générations!

De l'art de communiquer...

Les ministres du gouvernement fédéral ont, une nouvelle fois, sué sang et eau pour boucler leur accord budgétaire. Si parvenir à un accord est complexe, communiquer sur les nombreuses mesures décidées l’est visiblement tout autant pour certains. Le ministre des Classes moyennes et des Indépendants, David Clarinval (MR), en a fait l’amère expérience.
Alors qu’un accord global a été finalisé mardi dans la matinée, son cabinet s’est fendu aux alentours de 17 heures d’un communiqué vantant l’obtention, dans le cadre des négociations, d’une augmentation du taux de la réduction d’impôt liée au Tax shelter ou encore de nouvelles déductions fiscales pour les investissements digitaux et éco-positifs.
Petit problème: ses collaborateurs sont visiblement allés (beaucoup) plus vite que la musique. Vers 19 heures, c’est en effet un communiqué raturé et teinté de rouge qui a atterri dans les boîtes mail des rédactions du pays. Exit la hausse du taux de réduction des impôts liés au Tax shelter et des déductions précitées.
Cette fois, on ne parle plus que d’accorder «une attention particulière aux investissements digitaux et éco-positifs», sans évoquer une quelconque déduction. Quant à la réduction de l’impôt lié au Tax shelter, elle s’est envolée, le texte n’en pipe plus mot. Dur, dur, de communiquer…

L’aile ou la cuisse

On vous emmène dans les secrets des cuisines bruxelloises. Dans le courant de la semaine, on a appris que le restaurant La Taverne du Passage (photo), situé dans les galeries Royales, au centre de Bruxelles, était repris par Raphaël Nataf, que l’on présente comme «propriétaire de plusieurs établissements dans le centre historique de Bruxelles», ce qui est exact.
En réalité, Raphaël Nataf est le fils de Lucien Nataf, le fondateur d’Hector Chicken. Aujourd’hui, la famille exploite cette chaîne et d’autres établissements. Ce qui est piquant, c’est qu’à l’époque de la reprise des Armes de Bruxelles, Rudy Van Lancker, le patron de Chez Léon, et Lucien Nataf, le patron d’Hector Chicken, s’étaient affrontés en justice autour de la reprise de ce restaurant bien connu de l’îlot sacré mis en faillite par les frères Beyaz. In fine, le patron de Chez Léon avait remporté la mise et repris les Armes de Bruxelles. Comme l’appétit vient en mangeant, Rudy Van Lancker aurait bien mis la main sur la Taverne du Passage, mais à cette époque, le restaurant n’était pas sur le marché.
On ne va pas aller jusqu’à dire que la vengeance est un plat qui se mange froid (bon appétit si vous passez à table), mais force est de constater que le roi de la moule et le roi du poulet se sont partagé deux enseignes traditionnelles du centre-ville.

La rançon du succès

Quand Cathie Wood attire les foules. La technologie a fait défaut à Saxo Bank pour son webinaire très attendu avec Cathie Wood, la grande prêtresse américaine de la… technologie. Le son de l’événement a posé problème. Au début des échanges, la fondatrice de la firme de gestion ARK Invest et les membres de Saxo Bank qui lui posaient des questions étaient inaudibles. Ceux-ci interrogeaient la célèbre gestionnaire depuis leur siège au Danemark, alors qu’elle se trouvait à son domicile en Floride, où ARK Invest a déménagé depuis ce mois-ci son quartier général, loin de Wall Street. On aurait pu penser que la multiplication des localisations aurait causé des problèmes de son, mais en fait, d’après les organisateurs, l’explication se trouve tout simplement dans le nombre d’auditeurs du webinaire, très important. La rançon de la gloire, en quelque sorte.

Un huissier sans constat

Un début d’audience plutôt musclé. C’était mardi dernier devant la juge des référés du tribunal de l’entreprise de Liège, dans le cadre d’un litige opposant une mutualité française à l’assureur liégeois Integrale. Avant d’entamer les débats à proprement parler, la présidente, qui gère la police de son audience, a tenu à identifier les différentes parties présentes dans la salle. Même si les audiences sont publiques, la présidente peut se renseigner sur la qualité des personnes présentes dans le fond de la salle. Au-delà de votre serviteur et de l’un ou l’autre membre du personnel de la Banque nationale de Belgique (BNB) – cette dernière étant impliquée dans la cause – il y avait un huissier de justice, visiblement déjà présent lors d’une première audience qui s’était tenue deux semaines plus tôt. Furieuse de ne pas avoir été avertie de la présence de cet huissier venu, semble-t-il, dresser un constat pendant l’audience, la présidente lui a ordonné de sortir de la salle. Une avocate qui accompagnait ledit huissier a bien tenté de plaider qu’ils avaient demandé un avis sur la question au bâtonnier de Bruxelles, mais cet argument n’a eu d’autre effet que de faire monter plus encore la colère de la présidente. Chargé d’aller voir la présidente du tribunal afin d’obtenir l’autorisation de siéger dans la salle, le huissier malmené n’a pas repointé le bout de son nez. Et pas certain qu’on l’y reprendra.

Les avocats, les firmes d’audit, la presse…

Dans son nouveau livre «Wall Street à l’assaut de la démocratie», Georges Ugeux s’attaque notamment aux grands bureaux d’avocats (qui sont en mesure d’influencer la loi), aux firmes d’audit (trop de scandales comme Wirecard) et même à la presse lorsqu’elle est aux mains de groupes financiers ou d’entreprises, comme c’est le cas en France. «Même si je ne veux pas généraliser, je constate aussi que certains médias veulent concurrencer les médias sociaux et se mettent à leur niveau, qui est parfois celui du café du commerce. Nous avons vraiment besoin de journalistes qui analysent les faits et posent les bonnes questions.» Les prochaines élections en France ne le rassurent pas. «Ce sont quand même les médias qui font des gens comme Éric Zemmour, non?» C’est effectivement une bonne question. Peut-être Georges Ugeux en a-t-il discuté avec le roi Philippe lors de son audience de mardi.

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