Publicité

Les États-Unis n’auraient jamais dû essayer de transformer l’Afghanistan

Dans l'attente, lundi, de la conférence de presse de Joe Biden à propos de la situation en Afghanistan... ©Photo News

Revue de presse du quotidien américain USA Today.

Dans son discours à la nation lundi, Biden a assumé la responsabilité de ces événements malheureux survenus en Afghanistan. Mais tout comme Gerald Ford a été contraint de gérer la situation désastreuse au Sud-Vietnam mise en œuvre par les présidents Kennedy, Johnson et Nixon, Biden a, lui, reçu sa « main perdante » de Bush, Obama et Trump. Cette défaite ne s'est pas préparée en deux semaines, mais en deux décennies.

Le problème fondamental est l’égarement de la mission. Comme Biden l'a souligné à juste titre, les États-Unis ont atteint rapidement leurs objectifs stratégiques initiaux, en désorganisant Al-Qaïda et en punissant les talibans pour avoir donné refuge au terrorisme mondial.

Les États-Unis pouvaient mettre en place les conditions de sa stabilité mais ils ne pouvaient pas transformer un pays façonné par des siècles de traditions bien ancrées. Nous n'aurions pas dû essayer.

Mais nous avons ensuite entrepris une mission de construction de la nation qui n'était pas adaptée à la politique complexe, décentralisée et tribale de l'Afghanistan. Les États-Unis pouvaient mettre en place les conditions de sa stabilité mais ils ne pouvaient pas transformer un pays façonné par des siècles de traditions bien ancrées. Nous n'aurions pas dû essayer.

C’est la politique intérieure américaine qui a contribué à maintenir l'implication des États-Unis en Afghanistan, car aucun président n'a voulu assumer la responsabilité de ce qui ressemblerait à une défaite si les talibans revenaient après notre retrait. Le président Biden encaisse maintenant le contrecoup politique de ce qui s’apparente à un échec. Les Américains ont, en effet, le sentiment que nos sacrifices en Afghanistan n'ont servi à rien.

La déroute en Afghanistan affaiblit de fait la position mondiale de l'Amérique et renforce les pays qui cherchent à diminuer l'influence des États-Unis dans le monde. Elle enhardit les mouvements radicaux à frapper tandis que la superpuissance mondiale est faible.

Les talibans n'ont jamais renoncé à leurs liens avec Al-Qaïda, et il est possible que l'Afghanistan redevienne un nœud central d'un réseau terroriste mondial qui menace les États-Unis, leurs alliés et leurs intérêts. Il n'y a aucune raison de croire que les radicaux musulmans violents ont changé leurs objectifs ou leur détermination à punir les États-Unis ; en fait, ils ont maintenant 20 ans de bonnes raisons supplémentaires.

En décembre 2011, Biden déclarait : "Les talibans, en soi, ne sont pas notre ennemi." Il va maintenant falloir vérifier si cette évaluation était correcte.

Ce commentaire, publié dans USA Today, a été traduit et résumé par nos soins.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés