billet

Les leçons des incendies en Australie

Journaliste

Revue de presse The Economist

Pour saisir l’ampleur du désastre des feux de forêt qui ravagent l’Australie, The Economist aligne quelques chiffres. Quelque 11 millions d’hectares du "Lucky Country" sont partis en fumée depuis septembre, pratiquement la même superficie que la Bulgarie. Jusqu’à présent, on sait qu’au moins 26 personnes ont perdu la vie, plus de 2.300 maisons ont été détruites et plus d’un demi-milliard d’animaux ont été brûlés vifs ou sont morts étouffés. Mais les chiffres ne disent qu’une partie de l’histoire.

Un panache de fumée a dérivé à travers l’océan Pacifique Sud, atteignant Buenos Aires. La société australienne habituellement si flegmatique est ébranlée. On pourrait penser que l’Australie est particulièrement vulnérable aux feux de forêt. Ce serait une erreur. De nombreux autres pays partagent en réalité les mêmes conditions qui ont permis au feu de s’étendre en Australie; physiquement et politiquement…

Dans le monde entier, les "saisons des feux" s’allongent et sont de plus en plus dommageables. Les zones à risque englobent désormais la côte ouest de l’Amérique, la Méditerranée, l’Afrique australe et des pans entiers de l’Asie centrale. Vous avez dit alarmiste? Rappelez-vous tout de même qu’en 2018, la Californie a connu les feux de forêt les plus meurtriers de son histoire, tuant plus de 80 personnes et provoquant l’évacuation d’une partie de Los Angeles, tandis que plus de 100 personnes ont péri dans des incendies de forêt en Grèce.

L’autre leçon de la tragédie australienne est que les incendies ont des conséquences encore plus graves qu’auparavant et que les moyens de lutte contre le feu sont souvent obsolètes. Si les gouvernements et les populations n’agissent pas rapidement, les marchés financiers risquent de le faire.

Ces dernières années, en Californie, les assurances ont payé plus de 24 milliards de dollars. Ce qui ne représente qu’une fraction des coûts, mais des montants que redoutent déjà les investisseurs. Dernière leçon: les politiques doivent changer. Le Premier ministre australien, Scott Morrison, a été élu sur un programme climato-sceptique. Aujourd’hui, il est contesté partout en Australie.

Lire également

Messages sponsorisés