chronique

Notre hiver politique en séries télé

Avocate et administratrice chez DCH Avocats

En cette période de l'année propice aux longues soirées devant la télé, les grands acteurs de l'actualité belge et internationale ne nous proposent malheureusement, à une ou deux exceptions, que des "séries" qui tirent en longueur.

Commençons par la bande-annonce de la saison IV de "COVID19" qui n’a pas fait l’unanimité de ses fans. Faire en sorte que le temps s’arrête résume parfaitement cette série qui tire en longueur, décourageant les plus assidus.

On se souvient pourtant tous de cette première saison, ouverte sur fond de pandémie mondiale, où les héros en blouse blanche avaient conquis le cœur des téléspectateurs. Un gouvernement uni, des citoyens solidaires et des experts charismatiques complétaient un scénario prometteur en débats et rebondissements.

Karolien Haese. ©doc

L’espoir d’une série historique a été de courte durée. Trois saisons auront suffi pour faire d’un succès planétaire un véritable navet.

Un casting qui n’évolue guère, un scénario sans mérite et une sacralisation des experts comme seuls héros possibles détournent l’audience vers des séries plus porteuses dont "COP", qui en est malgré tout à sa 26e saison ou, plus récemment encore, le "Mur".

Pourtant, "COVID19" s’accroche, jouant sur des sursauts matérialisés par des scènes fortes, réveillant une passion éphémère avant que le spectateur ne retombe dans l’ennui. Que faut-il attendre de cette nouvelle saison?

Les réalisateurs sont restés plutôt discrets sur son contenu qui commence, comme les précédentes, par une limitation des contacts sociaux, le port du masque et la responsabilisation citoyenne.

Nouveautés?

La saison IV s’enrichirait cependant de certaines nouveautés. Un traitement antiviral et une redistribution massive de vaccins par l’Europe et les États-Unis vers les pays les plus pauvres sont annoncés. D’autres rumeurs font état de mise en place de politiques de déclassification citoyenne, mais impossible, à ce stade, d’en savoir plus. Gageons que pour conserver leur audience, les réalisateurs oseront ce que certains jugeaient comme impensable, il n’y a encore que quelques mois.

Dans les nouveautés de l’hiver, on épinglera "Nuclear Exit". Une série rythmée de touches d’humour vertes, rouges et bleues.

Dans les nouveautés de l’hiver, on épinglera également "Nuclear Exit".

Une intrigue qui se fonde sur la flambée des prix de l’énergie et d’un possible black-out. Démarrant dans la discrétion, le scénario conduit progressivement le téléspectateur à s’interroger sur un choix cornélien. Dans un environnement tout à l’électrique, faut-il une énergie abordable, propre en émission CO2, mais potentiellement mortelle ou une énergie intermittente, plus onéreuse, mais ne présentant aucun danger pour la nature ni l’homme. Une série portée par le caractère très persuasif de ses personnages et rythmée de touches d’humour vertes, rouges et bleues. À ne pas manquer.

Retenons enfin les inconditionnels "Croissance et Décroissance", "le Nord et le Sud" et "Démocratie" qui pimenteront, comme chaque année, nos débats de Noël.

Ces classiques ont le mérite de ne jamais lasser et ils manient, avec brio, le tout et son contraire, en capitalisant sur des valeurs sûres dont le pouvoir d’achat, les libertés fondamentales et la citoyenneté perdue.

Une saison hivernale soulevant un intérêt très relatif dont on peut, d’ores et déjà, regretter certaines longueurs dépouillant ainsi les meilleurs débats d’une partie substantielle de leur pertinence. 

Par Karolien Haese, avocate et administratrice chez DCH Avocats

Lire également

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés