carte blanche

Prochain gouvernement fédéral: un euro pour l'impôt, un euro pour la sécurité sociale

Corentin Di Prima

Ces élections sont un aggiornamento qui va confirmer le confédéralisme de la fiscalité et de la sécurité sociale. Cette tendance s’inscrit dans un régionalisme constaté partout. En même temps, sur la base des premiers indices et si on écarte les extrêmes, le prochain gouvernement fédéral belge sera probablement plus centriste car fondé sur des coalitions multipartenaires. On retrouvera le vieil adage ministériel belge : un euro pour l’impôt, un euro pour la sécurité sociale. Il me semble que dans ce cadre, des baisses d’impôts sont extrêmement peu plausibles. 

Quelle que soit la combinaison finale au niveau fédéral, il importera de stabiliser immédiatement les pensions alors que le précédent gouvernement n’a pas abouti dans ce domaine crucial. Le débat porte moins sur l’âge de la pension que sur l’âge effectif de départ à la retraite. Dans un monde qui subit une accélération technologique foudroyante, il n’est pas possible d’exiger qu’un travailleur garde sa productivité pendant 45 ans. Il faut donc aménager les fins de carrière.

L’équilibre devra être trouvé entre un système qui va immanquablement converger vers une allocation universelle pour les personnes qui ont plus de 50 ans et un système de points et de cotisations personnelles pour les plus jeunes. Il faut absolument généraliser un système d’assurance groupe pour tous les travailleurs et amplifier les déductions fiscales pour les contribuables. Ces déductions fiscales doivent évidemment s’effectuer dans l’équité et la justice sociale : plus on déduit pour sa pension, moins le taux de déduction est important. 

Un autre débat est la globalisation des revenus exigée par plusieurs partis. Cette globalisation, qui était en vigueur entre 1962 et 1984, consiste à imposer tous les revenus au même taux d’impôt progressif, alors qu’aujourd’hui seuls les revenus professionnels sont imposés à des barèmes progressifs. Cette globalisation conduirait à taxer plus l’immobilier. Elle ne taxerait pas plus les revenus d’intérêt et de dividendes. Ces derniers sont déjà taxés à 50% quand on tient compte de l’impôt des sociétés et du précompte mobilier libératoire. Le vrai problème est plutôt qu’il faut stimuler fiscalement le travail et ceux qui investissent de l’argent frais dans des sociétés. 

Une autre question qui sera immanquablement débattue, c’est de savoir si la sécurité sociale reste uniquement prélevée sur les revenus du travail ou sur une base plus large. Deux écoles existent. La première consiste, comme dans certains pays nordiques, à tout combiner afin que les revenus élevés contribuent plus et reçoivent moins en termes de sécurité sociale. L’autre école conduit à dissocier la taxation de la sécurité sociale. C’est le système belge. A terme, il sera remis en cause.

Le défi écologique est devant nous et tous les partis s’y sont engagés. Le débat principal va porter sur la prolongation du nucléaire alors que l’opérateur français privé qui gère les centrales, Engie, voudra se désengager de la Belgique. Il faudra, dans un premier temps, passer à des centrales au gaz avant de passer aux énergies non fossiles. 

 

 

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