Qui veut réellement que nous retournions au bureau ?

Un supermarché de la chaine Sainsbury's actuellement fermé dans le centre de Londres. ©Photo News

Revue de presse du Guardian, quotidien britannique.

Avec un virus mortel qui sévit toujours, il est naturel que de nombreux employés préfèrent continuer à travailler de chez eux. Mais ce n'est pas ce que l'on pourrait penser au vu de la couverture médiatique qui en parle comme d’une maladie collective qui freine le rétablissement de la Grande-Bretagne. La semaine dernière, le Daily Telegraph a publié un article affirmant que les travailleurs restant à la maison seront plus vulnérables aux licenciements. Un récent article du Daily Mail réprimande pour sa part les employés qui "se vantent de leur nouvel équilibre entre vie professionnelle et vie privée et des sommes économisées sur leurs billets de train", comme si ces actes étaient moralement répréhensibles

Derrière ces réprimandes se cache un message destiné à ceux qui ne respectent pas l'ancien statu quo alors qu’ils sont censés contribuer à soutenir tout un système. Sans les milliers de travailleurs qui sortent des gares chaque matin, la capacité à tirer des loyers astronomiques des propriétés commerciales, résidentielles ou autres espaces de bureau se réduirait à néant et les centres-villes, qui dépendent de cette économie de service, pourraient devenir des "villes fantômes".

Un récent sondage YouGov montre que ce sont les plus âgés qui défendent le principe d’un retour au bureau. Ce n’est pas surprenant : l'idée qu'il faut être physiquement présent pour prouver sa valeur à son patron codifie encore largement leur attitude à l'égard du travail ; une classe d’âge à laquelle appartiennent aussi les rentiers qui ont remboursé leurs hypothèques, perçoivent de généreuses pensions et ont canalisé leur richesse dans des actifs tels que des biens immobiliers.

Depuis le début de la pandémie, des changements sociétaux qui étaient censés être impossibles se sont produits avec une relative facilité. Au lieu de se demander ce qu'il adviendra des centres-villes si les navetteurs ne reviennent pas, nous devrions nous demander : à quoi ressembleraient la ville et l'économie si elles n'étaient pas organisées de cette manière ?

Cet article publié dans The Guardian du 1 septembre 2020 a été traduit et résumé par nos soins. https://www.theguardian.com/

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