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Sept leçons de la crise Covid

Quel est l’avenir de Bruxelles? Bruxelles doit devenir une ville sexy pour les 25 - 35 ans qui ont du talent. ©BELGAIMAGE

Tout est devenu possible. Si l’impossible a pu se réaliser durant cette crise, cela doit aussi l’être pour l’avenir. C’est tout l’enjeu de la relance. Ne regardons pas en arrière, mais devant.

En regardant les Chinois porter des masques en rue, suivi d’interdictions de sortir de chez eux, je me suis dit que cela n’arriverait jamais chez nous : parce que les Chinois sont plus dociles, etc. Et puis, on s'est retrouvé avec des masques en rue comme eux.

Accepter l’imprévisible

Alors qu’il nous fallait deux ans pour modifier une loi, tout à coup, en un mois, tout était possible.

Olivier Willocx. ©ImageGlobe

Quand on nous répétait depuis des années qu’il n’y avait pas d'argent public, subitement, il y avait plein d'argent et l’État allait tout assumer, quel que soit le montant.

Le télétravail était impossible, mais il est devenu obligatoire.

Notre société de consommation s’est brusquement trouvée à l’arrêt. L’offre s'est arrêtée, comme si les hommes et les femmes étaient partis à la guerre. Plus personne dans les bureaux et tout le monde était heureux. Certains se sont retrouvés, en quelque sorte, prépensionnés avec un revenu à 70% ou à 100% sans possibilité de dépenses. Ils ont mis de l’argent de côté, mais sans pouvoir voyager, aller au magasin, se rendre chez le coiffeur, sortir de chez eux.

Il a fallu apprendre à accepter l’imprévisible.

Alors que la dette de l’État explosait et que les entreprises étaient affaiblies, les ménages étaient globalement plus riches avec une épargne s’élevant à 23 milliards d’euros. D’autres, au contraire, ont tout perdu.

Il a fallu apprendre à accepter l’imprévisible. Pour la première fois, dans l’histoire de l’Humanité, on a réduit nos émissions CO2.

Nos relations avec autrui

Le rapport aux autres a également été impacté, dans et hors de la cellule familiale. Si le nombre de divorces a diminué, la violence conjugale s’est fortement accrue. Les personnes âgées, en maison de repos, ont à la fois été oubliées et protégées en les confinant. Tandis que les valeurs de solidarité se trouvaient sur toutes les lèvres, on a appris à se méfier de l’autre, à limiter ses rencontres, à ne plus se serrer la main…

La confiance reviendra, mais cela prendra du temps.

Une révolution dans le médical

Une révolution s’est produite dans le domaine médical : on s’est mis à collaborer. Là où il fallait de 4 à 20 ans pour élaborer un vaccin, il n’a fallu que 11 mois. Non pour trouver un vaccin, mais 16 vaccins!

Nos hôpitaux se sont vidés des patients non-covid et la télémédecine est enfin devenue possible. Elle s’en est même vue remboursée.

Sur le temps de travail, on est devenu à la fois plus stricte et plus laxiste. Les réunions informelles se sont raréfiées et la créativité en a beaucoup souffert.

L’usage de l’ARN messager constitue probablement l’une des révolutions médicales du siècle, notamment en matière de traitement des cancers.

La technologie domine

La technologie et le cloud, de Netflix à Teams, ont pris le dessus sur tout. On a appris à travailler de partout, de chaque pièce de son domicile en révélant même son intérieur et sa famille. Mais ce qui peut être fait de sa maison dans le BW, ne peut-il pas l’être depuis Kiev à 250 euros par mois ? Certaines tâches oui, d’autres non.

Sur le temps de travail, on est devenu à la fois plus stricte et plus laxiste. Les réunions informelles se sont raréfiées et la créativité en a beaucoup souffert.

L’IA et l’ordinateur ne cessent de remplacer les gens, les employés, mais aussi les cadres. À Bruxelles, en 2003, il y avait 4.200 créations d’entreprises. Aujourd’hui, c’est 13.000. Et demain? 25.000? Avec les risques que le monde privilégie à outrance les statuts d’indépendants.

Un besoin d’espace dans un monde plus restreint

Alors que les surfaces de bureaux se voulaient plus petits, avec des espaces partagés et modulables, on passe à des surfaces plus larges pour des raisons simples de distanciation sociale. Mais, aussi, et surtout, dans un souci de rendre le bureau de nouveau attrayant. La priorité des employeurs, c'est que les gens reviennent y travailler. Choyer ses collaborateurs est essentiel!

Tout est devenu possible! Si l’impossible a pu se réaliser, cela doit aussi l’être pour l’avenir. C’est tout l’enjeu de la relance.

Pour son domicile, on souhaite également plus de m² et de confort pour le télétravail. Est-ce bon, ou non, pour la planète ? Le chauffage urbain pèse lourd sur les émissions de CO2, plus que la voiture.

Quoi qu’il en soit, les villes ne seront plus jamais les mêmes. Celles ayant tout misé sur le tourisme sont confrontées, pour la première fois depuis longtemps, à une décroissance. Les espaces publics, notamment les terrasses, se sont développés comme des champignons.

Ne pas regarder en arrière, mais devant soi

Tout est devenu possible! Si l’impossible a pu se réaliser, cela doit aussi l’être pour l’avenir. C’est tout l’enjeu de la relance. Ne regardons pas en arrière, mais devant.

Des villes vont continuer à se plaindre, d’autres vont pivoter pour s’adapter.

Il ne sert à rien de se lamenter et, par envie ou besoin, de pointer des coupables ou responsables de la crise. Continuer à adopter cette attitude, c’est globalement continuer à aller mal.

Ne regardons pas en arrière, mais devant. On ne juge pas une crise, on ne la subit pas. Non, on l’analyse, on la comprend, on la respecte et on s’adapte en restant solidaire.

Il faut se dire que c’est la fatalité, s’interroger pour savoir comment survivre, développer, créer et s'adapter. L’enjeu de la relance passe par l’innovation, la digitalisation et la productivité. Il faut aussi rendre l’économie plus verte.

Se prendre en charge

Quel est l’avenir de Bruxelles, me direz-vous ? Je pense le résumer en une seule phrase : Bruxelles doit devenir une ville sexy pour les 25 - 35 ans qui ont du talent. Pour cela, elle doit d’abord être propre, sûre et connectée. Alors, les entreprises y resteront, s'y installeront et on aura un cycle vertueux.

Ne regardons pas en arrière, mais devant. On ne juge pas une crise, on ne la subit pas. Non, on l’analyse, on la comprend, on la respecte et on s’adapte en restant solidaire. La génération suivante nous regarde.

Olivier Willocx
CEO BECI

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