A mi-chemin entre ancienne vie et quelque chose de nouveau

En Grande-Bretagne, Boris Johnson est persuadé que les gens reviendront au bureau une fois la crise sanitaire finie. ©BELGAIMAGE

Revue de presse du quotidien britannique The Guardian.

La seule façon de préserver sa santé mentale en prison est, dit-on, de prendre la vie au jour le jour, comme un alcoolique en convalescence, et de ne jamais penser au temps qu'il reste à vivre. Mais avec les beaux jours qui reviennent, voilà soudain que les agences de voyages rapportent une ruée sur les réservations et que les magazines de mode se remplissent à nouveau de talons et de frivolités.

La semaine dernière, Boris Johnson a déclaré que l’idée de voir les villes devenir des cités fantômes, alors que des millions de personnes ont choisi le télétravail ou de partir à la campagne, était exagérée. Les gens, avait-il insisté, reviendront au bureau.

Son chancelier semble lui aussi miser sur une reprise rugissante à la manière des années 20, alimentée par une envie de faire du shopping, de voyager et de passer la nuit dehors. En fait, le Trésor britannique parait davantage préoccupé par une augmentation des dépenses refoulées qui ferait grimper l'inflation que par la perspective d’une récession.

Mais l'idée de reprendre exactement là où nous nous sommes arrêtés en mars dernier ne sonne pas tout à fait juste. Les personnes à revenus moyens et élevés qui ont économisé de l'argent vont-elles vraiment dépenser jusqu'au dernier centime dès qu'elles le pourront ? Après l'ampleur du choc subi par le pays, il est plus probable qu’elles garderont quelque chose en cas de nouvelle catastrophe (c'est pourquoi l'idée des travaillistes d'émettre un emprunt de relance pour canaliser les économies des gens vers la reconstruction du pays est plus intéressante qu'il n’y paraît). En réalité, il se pourrait bien qu'il y ait une première vague d'effervescence, suivie d'un repli plus anxieux.

La vie professionnelle pourrait suivre à peu près le même schéma. Beaucoup ont ainsi hâte de pouvoir s'asseoir en face de personnes en chair et en os après des mois penchés sur un ordinateur portable à la maison. Mais une fois que la nouveauté s'estompera, ceux qui ont la chance d'avoir le choix seront davantage susceptibles de vouloir quelque chose à mi-chemin entre leur ancienne vie et quelque chose de nouveau, à savoir le travail à domicile une partie de la semaine, le reste au bureau.

Ce commentaire publié dans The Guardian a été traduit et résumé par nos soins.

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