Apprendre de cette crise pour mieux affronter la prochaine

La souplesse et l'inventivité ont été vitales durant cette crise. ©Photo News

Revue de presse du quotidien français Les Echos.

Nous en savons moins que nous ne le pensions, et cette découverte est déstabilisante à une époque où nous croyions être maître de notre destin.

L'ignorance a été patente dans la santé depuis un an. Ignorance sur le virus lui-même. Ignorance ensuite sur la pandémie qu'il engendre.

L'incertitude économique a été, elle aussi, radicale. Comment mesurer l'inflation quand les magasins sont fermés, le taux de chômage quand il n'est plus possible de chercher un emploi ?

Mais dans ce monde chamboulé, les chaînes de base de l'économie ont résisté. L'eau a continué de couler au robinet, épiceries et boulangeries ont été approvisionnées, les réseaux électriques et numériques ont résisté à la formidable montée en puissance du télétravail. Les Etats ont dépensé « quoi qu'il en coûte ».

La souplesse et l'inventivité ont été vitales. Elles seront aussi indispensables pour affronter la prochaine crise. Aujourd'hui, personne ne sait d'où viendra la tempête. Elle sera peut-être financière, nucléaire, militaire. Trois autres dangers pointent à l'horizon.

"Il faut plus d'Etat pour décider des mesures de protection et plus de marché pour produire au plus vite des moyens de protection. Il faut agir localement pour bien cibler et mondialement pour mutualiser les solutions."

Le premier est bien sûr sanitaire : c'est l'émergence d'un nouveau virus mortel à diffusion rapide, mutant tellement vite qu'il deviendrait impossible d'ajuster une riposte.

Le deuxième danger est numérique : c'est l'arrêt accidentel ou intentionnel de larges fractions d'Internet, extraordinairement difficile à imaginer tant le numérique irrigue tous nos systèmes.

Le troisième danger touche la planète elle-même : c'est l'emballement des changements climatiques multipliant les catastrophes partout dans le monde.

Face à ces dangers, il faut plus d'Etat pour décider des mesures de protection et plus de marché pour produire au plus vite des moyens de protection. Il faut agir localement pour bien cibler et mondialement pour mutualiser les solutions, fermer des frontières tout en agrandissant des points de passage, trouver de nouveaux équilibres entre efficacité et robustesse.

Il faut aussi redéfinir le cadre de la politique budgétaire et monétaire et forger des instruments contre de nouvelles inégalités. Il faut enfin reconstruire la confiance dans la démocratie, dans l'Europe et dans la science.

Ce commentaire publié dans Les Echos a été résumé par nos soins.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés