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Après la crise, la fin des "petits chefs"?

Tous les managers seront-ils capables, demain, d’être très flexibles? C’est difficile à entendre mais tout le monde n’est pas fait pour le management... ©Shutterstock

Revue de presse du bimestriel français Courrier Cadres

En matière de leadership, souligne Loïc Le Morlec, spécialiste en organisation, et ancien cadre supérieur de grands groupes (Danone, Diageo, Nestlé Waters, Veolia, Univar France), il n’y a pas un seul type de management, ni une seule forme de leadership, mais des situations de management. Un manager doit avant tout s’adapter. Il peut être dans certains cas participatif, et dans d’autres directif. Le travail hybride (télétravail et présentiel) viendra renforcer cela : le distanciel nécessitera d’adopter une attitude différente en fonction de chaque personne.

Mais tous les managers seront-ils capables, demain, d’être aussi flexibles ? C’est difficile à entendre, mais tout le monde n’est pas fait pour le management. Il existe trois sortes de managers : le manager dans l’âme, le manager par raison, et le manager par erreur. Le premier possède un leadership naturel, est capable de s’adapter sans problème, et possède déjà les qualités humaines de base (empathie, self control, bienveillance, polyvalence, flexibilité) pour gérer les difficultés. Le second n’aime pas forcément diriger une équipe, mais avec du soutien et de l’investissement, il sait s’adapter. Le troisième, c’est celui qui a eu une promotion, et qui n’a ni les qualités requises ni l’envie. Dans le monde d’après, face à un “management hybride”, il risque d’être sérieusement malmené. Et d’être amené à changer de poste.

Manager va devenir un vrai métier qu’il ne sera plus possible de faire par hasard. Le management va davantage se professionnaliser. Dès lors il faut accepter le fait que tout le monde ne pourra pas l’exercer.

Ces «petits chefs», souvent, sont très bons techniquement. Avec des qualités techniques certaines, mais sans véritable leadership. Avec la distance et la flexibilité que le travail hybride requiert, cette lacune risque d’être insurmontable.

En fait, souligne Loïc Le Morlec, la barre est de plus en plus haut. Et manager va devenir un vrai métier qu’il ne sera plus possible de faire par hasard. Le management va davantage se professionnaliser. Dès lors il faut accepter le fait que tout le monde ne pourra pas l’exercer.

D’autant que les études le montrent : de plus en plus de chefs d’équipe sont épuisés. On ne peut d’ailleurs pas continuer de leur demander d’être aussi performants en distanciel qu’en présentiel, sans les accompagner. Il faudra aussi les respecter davantage. Et les respecter, cela signifie les aider. Au niveau des RH, en particulier, en leur proposant plus de formations et en faisant attention à leur charge de travail.

Cette interview de Fabien Soyez publiée dans Courrier Cadres a été résumé par nos soins.

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