Barbara, c’est l’avenir de la vieillesse, cette maladie honteuse

Dans dix ans, le quart de la population aura 65 ans et plus et que l’on comptera deux travailleurs pour un retraité au Québec. ©Photo News

Revue de presse du quotidien canadien Le Devoir

Installez votre tablette numérique sur un manche à balai et ajoutez-y un mouvement de Segway, un gyropode, vous avez à peu de chose près le prototype d’un robot comme Barbara, capable de se déplacer de façon autonome au 7e étage du centre d’hébergement Paul-Émile-Léger du centre-ville de Montréal (NDLR : pour aînés et personnes en perte d'autonomie avec une formule d'hébergement et de soins de longue durée). Elle peut même vous saluer lorsque vous la croisez, mais elle n’offre pas encore le café.

Barbara fait partie d’un projet-pilote qui a cours en ce moment pour amener l’art, les musées, la musique ou la lecture vers les patients. La moyenne d’âge est de 58 ans à Paul-Émile-Léger, anciennement Saint-Charles-Borromée, où le terme de mouroir est parfois évoqué en catimini. Comment disait déjà Kafka (ou Woody) ? Ah oui ! L’éternité c’est long, surtout vers la fin.

Barbara n’est pas qu’une tablette qui s’ajuste en hauteur et vient égayer la morne routine de résidents moins mobiles qu’elle. La robote est un miroir et une fenêtre sur la vie, un écran qui répond, un Zoom roulant pour vieux ou jeunes qui n’arrivent plus à se déplacer ou à manipuler certains objets. Barbara, c’est l’avenir de la vieillesse, cette maladie honteuse.

On comprend que le secteur des robots de présence est en plein boum. Ce ne sera plus une question de quand, mais plutôt de comment et de combien.

Le taux d’acceptation des usagers est de 80 % après une seule semaine d’utilisation.

Rappelons que dans dix ans, le quart de la population aura 65 ans et plus et que l’on comptera deux travailleurs pour un retraité au Québec. Il faudra des Barbara de tout acabit en renfort.

Le robot de téléprésence, d’une valeur de 6000 $, pourra être contrôlé vocalement et sera utilisé bientôt par les familles ou amis, sur réservation. Et on voit, bien sûr, une utilisation possible pour le maintien à domicile. Barbara pourrait aller vérifier la fraîcheur des aliments dans le frigo, appeler le médecin pour un rendez-vous virtuel, commander à l’épicerie ou à la pharmacie, bref, on comprend que ce secteur de la technologie est en plein boum.

Ce ne sera plus une question de quand, mais plutôt de comment et de combien.

Réflexion de la préposée aux bénéficiaires béninoise à qui on a demandé ce qu'elle pensait des robots comme Barbara. Elle a fait de grands yeux ronds dubitatifs au-dessus de son masque : « Un robot ? ! Vraiment ? ! Chez nous, on s’occupe des vieux… ». Un jour, qui sait, les Occidentaux en viendront peut-être à envier l’Afrique ?

Ce commentaire publié dans Le Devoir a été résumé par nos soins.

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