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C'est tellement facile de rire des cryptomonnaies...

Le bitcoin est devenu un moyen de paiement légal au Salvador. Même pour payer son café au Starbucks. ©REUTERS

Revue de presse du quotidien économique australien Financial Review.

La décision du Salvador de faire du bitcoin une monnaie légale a connu un début difficile et suscité un certain ridicule, lundi, après que la monnaie numérique a chuté de 10 % dans la foulée.

Cependant, pour les économies émergentes, le simple fait de tenter symboliquement de créer une monnaie de réserve alternative au dollar américain constitue une occasion de se défaire de son emprise qui suscite toujours un vif ressentiment.

Une partie de ce ressentiment est alimentée par le système des pétrodollars. Le Nigeria, par exemple, la plus grande économie d'Afrique, est secoué par des troubles civils alors que le naira s'est effondré par rapport au dollar américain. Son déclin fait grimper le coût de la vie pour les habitants d'une nation qui vend beaucoup de pétrole, mais doit payer cher ses importations de biens en dollars américains. En réaction, les cryptomonnaies sont en plein boom au Nigeria.

La mainmise des investisseurs étrangers sur la politique budgétaire de beaucoup de gouvernements souverains au travers de leur marché obligataire constitue une autre source de ce ressentiment, non seulement en Amérique latine, mais aussi en Italie, en Grèce et ailleurs.

La tentation d’adopter une cryptomonnaie renvoie aussi à une gestion monétaire chaotique de l'Occident.

L'essor des cryptomonnaies dans les économies émergentes n'est donc pas une plaisanterie. La banque d'investissement Citi considère même qu’elles pourraient détrôner le dollar américain en tant que principal moyen de paiement entre certains importateurs et exportateurs mondiaux.

Et puis, la tentation d’adopter une crypto-monnaie renvoie aussi à une gestion monétaire chaotique de l'Occident.

En seulement 50 ans, le système monétaire mondial a donné lieu à l'effondrement de Bretton Woods, au pétrodollar, à l'inflation galopante des années 1970, au choc pétrolier de 1979 et à la récession qui a suivi, à la crise de la dette de l'Amérique latine de 1982, au krach boursier de 1987 et au choc pétrolier de 1990, accompagné d'une récession.

Depuis lors, nous avons connu, entre autres, la crise financière asiatique de 1997, l’effondrement des dotcoms en 2000, la faillite de l’Argentine en 2001, la crise financière mondiale de 2009, les crises de la dette de la zone euro et de la Grèce en 2011-2012, la crise financière de la Russie en 2014-2016, et maintenant les politiques monétaires folles de l’Occident reposant sur des taux d’intérêt réels négatifs.

Guère étonnant dès lors que la Chine ne fasse pas confiance au système monétaire occidental et que des pays émergents comme le Salvador ne voient rien de drôle dans le bitcoin.

Ce commentaire publié dans The Financial Review a été traduit et résumé par nos soins.

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