Ce ne sont pas les règles mais nos comportements qui sont en cause

L'instauration du couvre-feu le 23 janvier avait entraîné de nombreuses émeutes aux Pays-Bas. ©EPA

Revue de presse du quotidien néerlandais Financieele Dagblad.

Le couvre-feu doit donc être levé, a déclaré le tribunal de La Haye. Ce qui est inquiétant, ce n'est pas l’invalidation de cette mesure, mais le fait que nous contestons ce qui doit être fait.

Nous travaillons dans le domaine de la santé. Nous sommes en partie responsables de la continuité et de la disponibilité des soins médicaux, aujourd’hui et à l’avenir. Soyons clairs: les soins de santé sont au bout du rouleau, tout comme le personnel soignant.

Au cours des derniers mois, nous avons été amenés à envisager les scénarios les plus noirs qui nous ont obligés à choisir entre deux patients. Ces expériences contrastent avec la société qui nous entoure où les mesures anti-Covid sont considérées comme des restrictions à nos libertés.

Tout le monde en a assez (nous aussi) et veut s’en débarrasser. Mais faut-il parler de restrictions ou de notre comportement ? Ces mesures sont censées contenir la pandémie mais en pratique, nous voyons autre chose. Et, de fait, les chiffres ne diminuent pas assez.

Ce ne sont pas les règles qui sont en cause, mais nos comportements. Les règles, en elles-mêmes, sont suffisamment efficaces, comme nous le constatons ailleurs dans le monde. Mais il y a un écart entre notre comportement et ces règles. Cela tient à l’attitude moralisatrice des Néerlandais. Nous sommes tellement habitués à nous fier à notre jugement que nous ne sommes plus capables de nous plier aux règles. Michel Houellebecq, dans son roman «Sérotonine», nous décrit comme des «Je vais me faire ma propre opinion». Il décrit les Pays-Bas, non comme un pays, mais «tout au plus une entreprise». Cela nous a conduits à une décentralisation, à un gouvernement en retrait ainsi qu’à un vaste morcellement des pouvoirs et des responsabilités.

Voilà pourquoi nous cherchons à assouplir autant que possible les règles. C'est aussi la raison pour laquelle nous discutons encore du port du masque buccal. C'est pourquoi, enfin, nous traversons Albert Heijn en manifestant.

En attendant, le gouvernement ne peut rien faire d’autre que de maintenir des règles strictes et, avec la prochaine vague, d’y ajouter une autre couche. C’est évidemment un cercle vicieux car notre approche des règles reste trop peu contraignante et leur application de plus en plus difficile.

Ce commentaire publié dans Het Financieele Dagblad a été traduit et résumé par nos soins.

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