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Changer (enfin) de logiciel économique

Le krach mondial de 2008 a été suivi de longues années d’austérité et de croissance lente. ©EPA

Revue de presse du quotidien britannique The Guardian.

Alors que les économies occidentales émergent de la pandémie, leurs gouvernements sont confrontés à un choix : vont-ils chercher à résoudre les problèmes fondamentaux que le covid a mis en évidence (stagnation des salaires, travail précaire, augmentation des inégalités…) ou essayeront-ils de revenir au plus vite au "business as usual" ?

Le gouvernement américain semble admettre que l'approche habituelle ne fonctionnera plus. Contrairement à ses prédécesseurs, Biden poursuit des dépenses publiques à grande échelle et profite des taux d'intérêt ultra-bas pour emprunter en vue d'investir dans les infrastructures. Ses plans de relance ciblent la crise climatique tout en développant la santé et l'éducation.

Biden n'a pas non plus peur d'augmenter les impôts. Il a proposé des hausses significatives de l'impôt sur les sociétés et du taux maximal de l'impôt sur le revenu, ainsi qu'un quasi-doublement de l'impôt sur les plus-values.

Les politiques de M. Biden en ont surpris plus d’un, mais elles ne sont pas nées du néant. Le krach mondial de 2008 a démontré que le capitalisme dominé par la finance était devenu profondément instable. Il a été suivi de longues années d’austérité et de croissance lente.

Désormais un nombre croissant d'économistes rejettent l'orthodoxie des marchés libres et la non-intervention des gouvernements qui a dominé la politique économique occidentale au cours des 40 dernières années.

Désormais un nombre croissant d'économistes rejettent l'orthodoxie des marchés libres et la non-intervention des gouvernements qui a dominé la politique économique occidentale au cours des 40 dernières années.

Plus récemment, la plupart d’entre eux ont reconnu qu'à une époque où les taux d'intérêt sont très bas, la politique budgétaire - dépenses et fiscalité - doit jouer un rôle majeur dans la gestion de l'économie.

Nombre d'entre eux reconnaissent aussi aujourd’hui qu'il n'existe pas de contraintes absolues en matière de dette publique et qu’il faudra s'attaquer à l'"économie rentière" qui concentre la propriété des actifs. Surtout, ils commencent à réaliser que la politique économique doit cesser de se focaliser sur la croissance.

Au cours des précédentes périodes de crise, les idées dominantes sur la manière dont l'économie devrait être organisée ont été bouleversées au profit de nouvelles théories. La Grande Dépression des années 1930 a conduit à la révolution keynésienne et à l'État-providence. Les crises des années 1970 ont conduit aux déréglementations et aux privatisations sous Thatcher et Reagan.

Il est encore trop tôt pour dire si un tel changement de paradigme se produit aujourd’hui. Une chose est sûre: les "anciennes orthodoxies" ont échoué et de nouvelles réponses sont nécessaires.

Ce commentaire publié dans The Guardian a été traduit et résumé par nos soins.

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