Comment l’Inde a perdu le contrôle face au Covid

À New Delhi, la capitale, des crémations de masse sont organisées et les crématoriums fonctionnent désormais 24 heures sur 24. ©AFP

Revue de presse du quotidien indien The Indian Express.

L'épidémie de Covid-19 est revenue en force. Selon les chiffres officiels, nous dépassons les 3.000 décès par jour. Partout, les pénuries se font ressentir.

Nos meilleurs scientifiques et bureaucrates avaient pourtant affirmé que nous étions préparés pour la deuxième vague. Mais le planning a été perturbé par deux facteurs: une mutation plus infectieuse du virus et le manque de discipline de la population.

Nos médias pointent aussi du doigt la responsabilité des politiciens, incapables de travailler ensemble, et qui ont laissé se poursuivre les grands rassemblements comme le (festival religieux hindou) Kumbh.

Nous soutenons qu'il s'agit plutôt d'un échec « routinier » de notre bureaucratie scientifique et administrative centralisée.

Nous nous comparons souvent à l’Europe ou aux États-Unis. Le Centre de contrôle des maladies (CDC), aux États-Unis, nous apprend par exemple que la demande d’hospitalisation y est d’environ 15 pour 100.000 habitants et que la mortalité est de 6% et en baisse. La durée médiane d’hospitalisation en soins intensifs y est de 14 jours.

Aucun de ces faits cliniques n'est connu pour l'Inde. Et pourtant, ils sont cruciaux pour la gestion de l'épidémie.

Il est injuste de blâmer la population ou nos politiciens. Le véritable problème, depuis le début, réside dans un système administratif obsolète et une élite du savoir davantage préoccupée par le prestige qu’à livrer des faits.

Nos agences scientifiques n’ont proposé ni normes quantitatives ni lignes directrices à suivre. Rien non plus à propos de l’affectation des lits et de la répartition des ambulances.

En fait, il n'y a pas de tel plan national pour l'épidémie. Pas plus tard que le 18 août 2020, alors que la première vague battait son plein, la Cour suprême a avalisé le principe selon lequel aucun plan spécial n'était nécessaire.

Ainsi, ce que nous observons est le problème habituel d’une mauvaise conception des systèmes empiriques et scientifiques, d’une centralisation excessive et d’un échec patent de la politique d’exécution. C’est le travail de nos scientifiques et bureaucrates, une classe salariée d’élite que nos politiciens n’ont pas embauchée et ne peuvent pas renvoyer.

Il est donc injuste de blâmer la population ou nos politiciens. Le véritable problème, depuis le début, réside dans un système administratif obsolète et une élite du savoir davantage préoccupée par le prestige qu’à livrer des faits. Ils constituent en réalité le principal obstacle vers un État moderne et responsable.

Ce commentaire publié dans The Indian Express a été traduit et résumé par nos soins.

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