Comprendre ce qui se passe à Gaza

Dans le conflit israélo-palestinien, deux récits se font face: celui du droit à l'autodéfense d'Israël vs la volonté de punir et d’humilier les Palestiniens. ©REUTERS

Revue de presse du magazine américain The Atlantic.

Comme toujours dans le conflit israélo-palestinien, deux récits se disputent la primauté. Dans l’un, Israël ne fait que se défendre contre une nouvelle attaque. Dans l’autre, le bombardement de Gaza par Israël est le dernier exemple en date d’une volonté de punir et d’humilier les Palestiniens. Ces deux récits ne sont pas conciliables, ce qui fait de la discussion raisonnée un exercice futile.

Reste à comprendre le cheminement qui a mené à la crise actuelle. Pourquoi tout cela se produit-il maintenant ?  

Le comportement du Hamas n’a, à cet égard, rien de mystérieux. Le Hamas est une organisation terroriste. Il n'y a aucun doute. Ses roquettes frappent sans discernement et sont conçues pour terroriser les civils israéliens. Mais le Hamas n'est pas une bande de fous furieux. Ils sont égoïstes et désinvoltes à l'égard de la vie des Palestiniens. Que cela nous plaise ou non, ils risquent de se retrouver dans une position plus forte lorsque cette crise sera terminée.

La «source» originelle de la violence actuelle n’est pas un secret non plus. Les problèmes ont commencé lundi lors d’une descente de police musclée à la mosquée Al Aqsa de Jérusalem.

Les décideurs américains devraient comprendre que l'inégalité de pouvoir et de capacités rend la paix pratiquement impossible.

En réalité, la tension montait depuis des mois, avec la menace d’expulsion de familles palestiniennes du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem-Est. Mais qu’est-ce qui est si important à Sheikh Jarrah? L’expansion des colonies juives contribue, en fait, à former le dernier maillon d’un cercle de colonies qui entourera Jérusalem-Est que les Palestiniens espèrent voir devenir la capitale d’un futur État.

Cette aspiration est évidemment importante. Pas assez toutefois au regard de ceux qui considèrent le droit d’Israël à l’autodéfense comme la seule question pertinente. Ceux-là ne considèrent pas l’occupation comme le péché originel. Ce faisant, ils ne reconnaissent pas ce qui est si évident pour l’autre partie: le pouvoir déséquilibré qui fait d’Israël l'agresseur et des Palestiniens les agressés.

C’est ce déséquilibre qui devrait être important. Les décideurs américains devraient comprendre que l'inégalité de pouvoir et de capacités rend la paix pratiquement impossible. En l'absence de pression internationale, l'acteur le plus puissant a peu d'incitations à offrir des compromis et des concessions substantiels à la partie la plus faible.

Ce commentaire publié dans The Atlantic a été traduit et résumé par nos soins.

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