Confinement: quand l’exaspération l’emporte sur la peur

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Revue de presse du quotidien français Le Figaro.

75 % des Français - ballottés par la houle des ordres et des contre-ordres - estiment que le pays n’était pas prêt face à la deuxième vague.

Un doute s’exprime désormais sans complexe quant à l’efficacité des solutions autoritaires. «Vouloir arrêter une épidémie par le confinement revient à arrêter la mer avec les bras» déclare l’essayiste Jean-Loup Bonnamy.

Des voix s’élèvent pour déplorer le recul de la démocratie parlementaire au profit d’une gouvernance sanitaire. L’influence d’une poignée de médecins médiatiques, la toute-puissance d’un Comité scientifique composé d’experts non élus et d’un Conseil de défense, habilité par l’état d’urgence à suspendre les libertés en dehors de tout contrôle politique, bousculent la tradition démocratique française. La formule de «dictature sanitaire» n’est désormais plus taboue.

60 % des Français reconnaissent, du reste, avoir violé les règles du second confinement (IFOP). La même enquête souligne l’ampleur des dégâts psychologiques qui affectent 52 % des personnes interrogées.

Et que dire de l’honneur bafoué d’une nation qui se sent infantilisée par ses élites dirigeantes? Le regard que portent les voisins européens sur un peuple dont les habitants sont condamnés à remplir une attestation bureaucratique pour sortir de leur domicile est ravageur comme en témoigne l’article du journal allemand Die Zeit qui parle d’Absurdistan.

Les Français ne comprennent pas le choix arbitraire d’autoriser la vente de tabac ou de chocolats mais de leur interdire d’acheter des livres en librairie. Ils n’acceptent pas le chantage permanent sur Noël et les fêtes de fin d’année.

Face à l’épidémie, le choix de privilégier une logique de pénitence collective atteint désormais ses limites.

La crise sanitaire exacerbe la fracture démocratique entre la sphère dirigeante qui offre une image de déconnexion ou d’intransigeance obtuse et l’immense majorité silencieuse. Quand l’exaspération commence à prendre le pas sur la peur du Covid-19, dans un contexte économique et social désastreux, condamnant une grande partie des jeunes au chômage et 10 millions de personnes à la pauvreté, l’heure de tous les dangers approche.

Cet article publié le 16 novembre dans Le Figaro a été résumé par nos soins.

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