Derrière l'accord du G7 sur la fiscalité se jouent les rapports de force de demain

Les ministres des Finances du G7 se préparent pour la traditionnelle photo de famille. ©Photo News

Revue de presse du quotidien britannique The Guardian.

Pendant des décennies, les multinationales ont abusé des lacunes d'un système fiscal international qui n'a pratiquement pas changé depuis les accords conclus à la Société des Nations dans les années 1920. À l'issue du week-end, le message du G7, le groupe des nations riches, est clair : le temps des paradis fiscaux est révolu.

Il reste toutefois encore beaucoup à faire  dans un processus qui prendra probablement plusieurs années avant qu'un seul dollar supplémentaire ne soit versé. Mais une direction claire a été fixée.

Cet accord ne concerne d’ailleurs pas seulement la fiscalité. Comme dans la plupart des négociations mondiales, le véritable enjeu est l’équilibre du pouvoir.

Pour M. Biden, un impôt minimum mondial est au cœur de son programme économique, alors qu'il tente d'augmenter les recettes pour financer son plan de relance. Il risque toutefois de se heurter à l'opposition des républicains au Congrès. Mais la conclusion d'un accord entre les économies les plus puissantes du monde va renforcer son pouvoir de négociation.

Après des décennies de politiques néolibérales, le message sous-jacent de l'accord du G7 est clairement aussi de réaffirmer le pouvoir du gouvernement sur les grandes entreprises.

De son côté, le fragile projet européen est incomplet sans une coordination plus étroite en matière de fiscalité, comme l’a brutalement montré la crise de la dette souveraine il y a dix ans. Plusieurs États membres appliquent encore des taux d’imposition des sociétés inférieurs à 15%. Mais en parvenant à un accord au G7, les ministres des Finances de l’UE espèrent créer un élan irrépressible.

Certains craignent aussi que cet accord ne profite surtout aux puissances occidentales. Les discussions se poursuivront ainsi au G20, en Italie, le mois prochain, où d'autres grandes nations - dont la Russie, la Chine, l'Inde et le Brésil - se joindront aux négociations.

C'est pour cette raison que l'accord du G7 n'est, en réalité, qu'une étape plutôt que la destination finale.

Au-delà de cet accord, il y a aussi des motivations politiques et économiques plus larges. Après le chaos des années Trump, un message est envoyé à la Chine, à la Russie et au reste du monde : l'Occident est de retour aux affaires et à nouveau désireuses et capables de dicter les règles au XXIe siècle.

Enfin, dans le sillage de la pandémie, et après des décennies de politiques néolibérales, le message sous-jacent de l'accord du G7 est clairement aussi de réaffirmer le pouvoir du gouvernement sur les grandes entreprises.

Ce commentaire publié dans The Guardian a été traduit et résumé par nos soins.

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