Est-il judicieux de bannir des gens des réseaux sociaux?

Facebook a suspendu Trump pour deux ans et annoncé que les personnalités politiques seraient désormais sanctionnées comme les autres utilisateurs quand elles enfreignent les règles, notamment en cas de désinformation. ©AFP

Revue de presse du magazine en ligne Slate.

Dans le monde d’après, Donald Trump ne gazouille plus. Twitter, échaudé par l’envahissement du Capitole par ses partisans, a décidé de couper le bec du 45e président des États-Unis.

Les plateformes commencent à nettoyer les propos complotistes longtemps tolérés, voire encouragés par les algorithmes. Bien avant Trump, les QAnon ont également été chassés de Facebook et de Twitter dès 2020. Sans surprise, cette modération renforcée a donné du grain à moudre à des communautés qui s'estiment lésées par un système corrompu.

À mesure que les GAFAM choisissent de maîtriser davantage leurs contenus, l'efficacité d'une interdiction de certains discours et le bannissement de personnalités posent question, même si une étude relayée par le Washington Post laisse entendre que ces actions portent leurs fruits. Selon cette enquête du cabinet de recherche Zignal Labs, les fake news circulent moins depuis la suspension du compte de l'ancien président américain.

Les fake news ne disparaissent donc pas d'internet: elles migrent vers d'autres supports.

Mais d'autres plateformes sont bien moins sélectives. Elles sont même nombreuses à surfer sur les accusations de censure et à pratiquer une modération peu contraignante. Les fake news ne disparaissent donc pas d'internet: elles migrent vers d'autres supports. La modération ne serait-elle finalement qu'un moyen de mettre la poussière sous le tapis?

En réalité, tous les réseaux sociaux de masse ont leur équivalent en plus souple. Indésirable sur YouTube ou Twitch? Odysee et DLive sont moins regardants. Banni de Facebook ou Twitter? Gab, Parler et VKontakte font parfaitement office de refuge. Les patrons de ces plateformes en font même un argument marketing.

La modération tant attendue fait donc courir un risque: radicaliser encore davantage des discours, en les écartant du monde extérieur. Ne se dirige-t-on pas vers un web à deux vitesses? «C'est exactement ce qui se passe, confirme Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch. Les internautes qui violent les conditions d'utilisation se retrouvent dans une zone grise. [Ces propos] existent et continueront à exister de toute façon. En fait, c'est comme sur un territoire: il y a des lieux où les lois ne s'appliquent pas. Mais on ne peut pas dire qu'il ne faut pas intervenir et ne rien faire sous prétexte que, de toute façon, ils se déplaceront ailleurs

Cette analyse publiée dans Slate a été résumée par nos soins.

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