Faut-il avoir peur de l'inflation?

Parmi les facteurs susceptibles d'alimenter l’inflation, il y a l’actuelle pénurie de conteneurs maritimes. ©Photo News

Revue de presse du quotidien australien The Sydney Morning Herald.

Une inflation modérée est bonne pour l’économie. Elle favorise l'investissement et la consommation et stimule la croissance.

Une inflation excessive constitue en revanche une menace pour la croissance et la stabilité sociale. Elle est régressive. Elle sape la valeur de l'épargne et des monnaies ; elle augmente le coût de la vie et, par la hausse des coûts salariaux, nuit à la productivité et à la compétitivité.

Elle contraint également les banques centrales à augmenter les taux d'intérêt, ce qui, dans le contexte actuel du gonflement de la dette, causerait un préjudice financier important aux ménages, aux entreprises et aux finances publiques.

Depuis la crise de 2008, les économies des pays développés et leurs banques centrales ont connu une inflation obstinément faible. On a même longtemps craint une désinflation et les banques centrales ont essayé, sans succès, de mettre en œuvre des politiques novatrices et très expansionnistes pour ranimer la flamme.

La tâche est désormais rendue plus compliquée par la difficulté de différencier les effets transitoires et structurels de la pandémie.

L'inflation est, aujourd’hui, la menace la plus sérieuse depuis la crise financière, il y a plus de dix ans.

On observe ainsi des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement, auxquelles se superposent des événements inhabituels comme le récent blocage du canal de Suez, ou les tempêtes qui ont privé le Texas d'électricité et perturbé l'approvisionnement en carburant, ou encore les ratés dans la distribution des vaccins et le retard pris dans la reprise de l’activité économique mondiale.

Pareil, on constate aussi une pénurie de conteneurs, de puces informatiques et d'autres produits manufacturés.

Certains de ces impacts disparaîtront assez rapidement, mais d'autres, comme la relocalisation des chaînes d'approvisionnement pour protéger les économies d'une autre pandémie, ou en réponse aux tensions croissantes entre la Chine et les États-Unis, pourraient être structurels.

Une chose est sûre: s’il s’avérait que l’inflation est occupée à s’installer durablement, les rendements obligataires augmenteraient et les marchés s’effondreraient, potentiellement de manière assez violente. C’est en réalité, aujourd’hui, la menace la plus sérieuse depuis la crise financière, il y a plus de dix ans.

Ce commentaire publié dans The Sydney Morning Herald a été traduit et résumé par nos soins.

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