Faut-il avoir peur de la science?

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Revue de presse du quotidien La Presse (Canada).

De cette science jadis admirée par tous, nous ne comprenons plus grand-chose. Celle que l’on identifiait comme l’accomplissement du génie humain est aujourd’hui vue par plusieurs comme la grande responsable de l’état déplorable de notre planète. Nous en serions même selon l’astrophysicien Hubert Reeves à la sixième grande vague d’extinction de la vie sur Terre.

Rappelons-nous pourtant l’époque glorieuse et pas si lointaine où, pour la première fois de l’histoire, un être humain, mettait les pieds sur la lune en s’exclamant… « c’est un petit pas pour l’homme, mais un bond de géant pour l’humanité ! »

51 ans plus tard, que reste-t-il de ce vaste relent d’espoir ? Pas grand chose ! Disons-le : la science, loin de nous propulser vers le futur nous a plutôt éconduits au bord d’un gouffre, celui de notre disparition ! Et ce n’est pas là une figure de style…

Qu’on se rappelle le peu de cas dont avaient fait part les scientifiques lors des destructions massives d’Hiroshima et de Nagasaki. Or, ils n’en font pas plus aujourd’hui de l’utilisation des OGM, des  pesticides et de tout ce qui détruit les habitats naturels terrestres, destruction dont est d’ailleurs issue la Covid-19. Une Covid, faut-il le dire, qu’ils s’empressent aujourd’hui de combattre comme pour démontrer l’invulnérabilité de leur science.

Car c’est là où, malheureusement, se situe la science aujourd’hui : non plus dans le respect de l’intégralité de la nature, mais dans un monde où, comme disait le physicien Werner Heisenberg, elle n’est plus confrontée qu’à elle-même et à l’avancée de ses recherches.

Avec la technologie grandissante, recherche fondamentale et recherche appliquée ont désormais un objectif commun : non pas d’abord celui de savoir au sens large du terme, mais plutôt de s’assurer conjointement de la réciprocité de leurs certitudes. Comprenons que de la validité de celles-ci dépend leur financement…

Alors que, tels des dieux, les scientifiques voguent dans le monde céleste des idées pures, ne serait-il pas temps de leur remettre les deux pieds sur Terre ? À certaines de leurs certitudes théoriques, ne devons-nous pas opposer notre scepticisme quant à leur valeur pour l’avenir de l’humanité ?

Cet article publié dans La Presse du 20 septembre 2020 a été résumé par nos soins. https://www.lapresse.ca/

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