tribune

Interview-vérité imaginaire du président chinois sur l'Afghanistan

Revue de presse du quotidien américain The New York Times.

Président Xi Jinping, que pensez-vous de tous les commentateurs qui clament que la Chine sort gagnante du retrait des forces américaines en Afghanistan?

Ils sont ce que nous appelons des idiots utiles. Sur quelle planète ces gens vivent-ils donc? La situation était idéale pour nous, avant que Biden ne vienne tout chambouler. En Afghanistan, les États-Unis perdaient leurs soldats, leur argent, leur énergie et leur sens des priorités. Et leur présence rendait le pays juste assez sûr pour permettre aux multinationales chinoises d’en exploiter les richesses.

"À présent, qui protègera nos investisseurs après que les Américains ont cessé de le faire gratuitement? Pas moi."
Xi Jinping
Président chinois (déclaration imaginaire)

Jugez plutôt: la Metallurgical Corporation of China et Jiangxi Copper avaient conclu un contrat pour développer une mine de cuivre à Mes Aynak, et la China National Petroleum Corporation travaillait sur un champ pétrolier dans le nord du pays. Et les Américains finançaient la sécurité globale. C’est notre définition de la perfection! Hélas, aucun de ces projets n’est sorti de terre en raison de la folie du gouvernement à Kaboul. Mais ce pays est immensément riche en minerais dont nous avons besoin. À présent, qui protègera nos investisseurs après que les Américains ont cessé de le faire gratuitement? Pas moi.

Et votre avis sur les talibans?

Hum… Vous pensez que nous leur faisons confiance? Avez-vous remarqué ce que leurs frères talibans pakistanais font de nos investissements dans leur pays? Lisez donc The Wall Street Journal du 28 juillet: "Un homme a ouvert le feu sur une voiture transportant deux ingénieurs chinois à Karachi, la dernière attaque en date visant des Chinois dans ce pays supposé être un proche allié de l’Empire du milieu…"

"Le Pakistan ne peut même pas nous protéger contre ses propres talibans et les séparatistes Baloch — dans leur propre pays — alors que nous possédons le Pakistan!"
Xi Jinping
Président chinois (déclaration imaginaire)

Le Pakistan ne peut même pas nous protéger contre ses propres talibans et les séparatistes Baloch — dans leur propre pays — alors que nous possédons le Pakistan! Et ne m’expliquez surtout pas comment la victoire des talibans pourrait inspirer nos musulmans ouïghours… Joe, Joe, qu’est-ce que vous nous avez fait?  Vous auriez dû écouter vos experts en politique étrangère et rester en Afghanistan. La dernière chose que nous voulons est que vous réorientiez toutes vos ressources et énergie vers le combat titanesque qui nous oppose pour développer les industries du XXIᵉ siècle. Vous auriez dû continuer à chasser les talibans dans les montagnes Hindu Kush.

Cette tribune, publiée dans The New York Times sous la plume de Thomas Friedman, a été traduite et synthétisée par nos soins.

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