L'Afrique va-t-elle (aussi) rater la 3e révolution industrielle?

Au Rwanda, le groupe Mara produit les premiers téléphones mobiles "Made in Africa". ©REUTERS

Revue de presse de l'hebdomadaire panafricain Jeune Afrique.

« L’Afrique a raté la seconde révolution industrielle, elle n’a pas le droit de rater la troisième », déclarait le président ivoirien Alassane Ouattara en 2014. Cette troisième révolution industrielle c’est la révolution numérique. Mais où en est le continent ? L’informatisation des économies a démarré. En 2020, plus d’un milliard d’Africains possèdent un téléphone mobile. Le taux de pénétration d’internet progresse, avec plus de 450 millions de personnes connectées en 2020. Le mobile banking est en plein développement. Mais l’Afrique n’est pas encore assez entrée dans la dynamique de la troisième révolution industrielle.

Dans le top 40 du classement IT Industry Competitiveness Index 2020, il n’y a aucun pays africain. Et l’Afrique du Sud, qui figure dans le top 50, arrive en 47e position.

La largeur de bande d’internet sur l’ensemble du continent est de 12 térabits par seconde (Tbps), ce qui est inférieur à la moitié de celle de la Chine (36 Tbps) ou de Singapour (37 Tbps). Au regard de la rapidité de connexion à internet, aucun pays africain n’entre dans le top 50 du classement qu’a établi le cabinet américain Akamai Technologies. En revanche, cinq représentants du continent s’illustrent dans le top 10 des pays ayant le coût de connexion le plus élevé.

Industrialiser au XXIe siècle, c’est informatiser. Cela ne doit pas évoquer des engrenages mécaniques, des tours de distillation, des cheminées d’usines…, mais des robots, des chaînes logistiques automatiques, des processus efficients grâce à l’intelligence artificielle, des réseaux de capteurs.

Soyons clairs. Industrialiser le continent, créer des emplois, éradiquer la pauvreté, améliorer l’éducation, lutter contre le changement climatique, assurer la souveraineté alimentaire de l’Afrique, voilà autant d’ambitions qui ne peuvent pas être accomplies tant que l’on continuera à méconnaître l’émergence du numérique. Industrialiser au XXIe siècle, c’est informatiser. Cela ne doit pas évoquer des engrenages mécaniques, des tours de distillation, des cheminées d’usines…, mais des robots, des chaînes logistiques automatiques, des processus efficients grâce à l’intelligence artificielle, des réseaux de capteurs.

Albert Otto Hirschman, économiste américain, expliquait que la croissance économique dépend de l’apparition continue d’occasions rentables, de déséquilibres. De nos jours, l’occasion rentable pour l’Afrique, c’est la troisième révolution industrielle, l’informatisation des structures productives. La vague de la révolution digitale est là. Soit l’Afrique surfe la vague, soit elle sera submergée par elle.

Cette tribune publiée par Jeune Afrique a été résumée par nos soins.

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