L'autre pandémie qui arrive: notre addiction à internet

©Getty Images

Revue de presse du quotidien indonésien Jakarta Post.

La pandémie de Covid-19 touche à la nature même de ce qui nous définit en tant qu'êtres humains, à savoir nos relations sociales. Les progrès technologiques nous ont toutefois permis de rester connectés et d'accomplir nos tâches quotidiennes. Mais un tel heureux hasard se produira-t-il deux fois ? Le gouvernement n'ayant pas réussi à atténuer un scénario noir de la pandémie, il ne doit pas échouer une seconde fois et faire preuve de prévoyance à l’égard d'une autre pandémie possible : la dépendance à l'internet, autrement dit l'utilisation excessive, répétitive et compulsive de l'internet qui entraîne une déficience psychologique, sociale et physique.

Selon Kristiana Siste, chef du département de psychiatrie de l'université d'Indonésie et membre du groupe de travail de l'OMS sur les troubles liés à la dépendance, cette dépendance croissante à internet se manifeste en particulier chez les adolescents, les jeunes ayant accès à internet pendant de longues périodes.

Selon une étude récente menée sur plus de 7.000 personnes interrogées, l'adolescent indonésien moyen a vu son utilisation quotidienne d'internet augmenter d'environ 56 %, pour atteindre près de 12 heures par jour. La même étude a révélé que la prévalence de la dépendance à l'internet a presque quintuplé pendant la pandémie.

Les personnes qui surfent sur internet, principalement à des fins de divertissement, sont deux fois plus susceptibles de souffrir d'une dépendance à internet que celles dont le but principal est l'étude/le travail.  

À ce stade, les pays d'Asie du Sud-Est, dont l'Indonésie, ne consacrent que 0,1 % de leurs dépenses de santé à la santé mentale et l'Indonésie ne compte que 0,3 psychiatre pour 100.000 personnes. Pour mettre les choses en perspective, un psychiatre est censé s'occuper de 50.000 patients...

La gestion de la santé mentale post-pandémique est dès lors cruciale étant donné la faiblesse des infrastructures de santé mentale du pays. D’autant que de nombreux Indonésiens souffrent déjà d’un énorme stress lié à la pandémie et ont tendance à se tourner vers les théories du complot pour apaiser leur anxiété.

Il s’agit en priorité d’éduquer davantage le public à cette transition virtuelle et accroître les mesures de prévention pour les personnes vulnérables.

Cet article publié dans l’édition du 18 janvier du Jakarta Post a été traduit et résumé par nos soins.

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