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L'eau et non le pétrole menace la stabilité du Moyen-Orient

Au Yémen, comme presque partout ailleurs désormais au Moyen-Orient, la question de l’eau exacerbe les tensions entre les pays régionaux. ©EPA

Revue de presse de la plateforme d'information en ligne pan-asiatique Asia Times.

Au cours des dernières semaines, l'Iran a une fois de plus été secoué par des manifestations antigouvernementales, cette fois en raison des pénuries d'eau. L'Iran connaît l'un des étés les plus secs de son histoire. Le changement climatique en cours n'a fait qu'exacerber une crise entièrement due à l'homme, provoquée par des années de construction effrénée de barrages, de corruption, de mauvaise gestion et de détournement des cours d'eau.

Plutôt que de mettre en place une politique de gestion de l'eau, Téhéran a réagi en interrompant l'approvisionnement en eau de l'Irak voisin ce qui a entraîné une pénurie d'eau dans la province irakienne de Diyala, à majorité sunnite. Une situation qui risque d’exacerber les tensions en Irak et fournir de nouvelles recrues au groupe État islamique, toujours actif.

Dans certains cas, les besoins de développement d’une région signifieront moins d’eau pour une autre. Si le cœur agricole de la Syrie, dans le nord-est du pays, revit, le pays devra pomper davantage d’eau de l’Euphrate, ce qui signifiera moins d’eau pour l’Irak.

Le fait que les conflits à propos de l'eau soient à peine évoqués dans les analyses sur la région témoigne de la myopie des élites politiques occidentales vis-à-vis du Moyen-Orient.

Dans d'autres cas, des pays se servent des réserves d'eau pour donner une leçon à leurs ennemis présumés. Les Kurdes de la province syrienne d'Al-Hasakah accusent ainsi la Turquie de couper délibérément l'approvisionnement en eau de leur région. De même, la Turquie s'est abstenue de conclure un accord avec l'Irak au sujet de leurs rivières communes.

Les États sont également pétrifiés à l’idée de mettre fin aux subventions pour l’eau accordées aux populations rurales de peur qu’elles n’émigrent vers les villes. La Jordanie, par exemple, fournit de l’eau subventionnée aux puissantes tribus de la vallée du Jourdain, qui constituent le socle du soutien politique au régime d’Amman.

En Égypte, l’inquiétude grandit face aux conséquences potentiellement catastrophiques si le débit du Nil devait être réduit en raison du projet éthiopien de barrage de la Grande Renaissance. «Toutes les options sont possibles» à ce sujet a prévenu le président égyptien.

Le fait que les conflits à propos de l’eau soient à peine évoqués dans les analyses sur la région témoigne de la myopie des élites politiques occidentales vis-à-vis du Moyen-Orient. C’est l’eau, et non le pétrole ou les divisions sectaires, qui devrait occuper les esprits des dirigeants du monde entier.

Ce commentaire publié dans Asia Times a été traduit et résumé par nos soins.

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