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L'offensive chinoise sur le grenier à blé européen

L'Ukraine possède 60% de terres noires, considérées comme les plus fertiles du monde ©Bloomberg

Revue de presse du quotidien économique Les Echos.

En 2019, la balance commerciale agricole européenne affichait certes 39 milliards d’euros d’excédents, mais 54% des exportations de l’Union européenne concernent des produits transformés dont les matières premières sont majoritairement issues de produits non communautaires, selon les données d’Eurostat.

Cette vulnérabilité alimentaire est accentuée par un défaut de planification et de prévention des risques. Les stocks de céréales de l’UE sont, par exemple, réduits à un petit mois et demi d’autonomie alimentaire, quand les États-Unis possèdent trois mois de réserves et la Chine neuf mois. Une précaution indispensable pour faire face à des crises conjoncturelles. Et vitale si l’on se fie aux prévisions climatiques.

Plusieurs études soulignent, en effet, les impacts potentiellement dévastateurs du réchauffement planétaire sur les principaux "greniers à blé" mondiaux (États-Unis, Argentine, Europe, Ukraine, Chine, Inde, Australie et Brésil). 

La politique prédatrice menée par la Chine sur les terres agricoles européennes, notamment en France et en Ukraine, les deux principaux "greniers à blé" du continent, appelle une réaction européenne.

Dans ce contexte, la politique prédatrice menée par la Chine sur les terres agricoles européennes, notamment en France et en Ukraine, les deux principaux "greniers à blé" du continent, appelle une réaction européenne. Avec 20% de la population mondiale, pour seulement 8% des terres cultivables, l’empire du Milieu n’a d’autres choix que d’augmenter ses capacités de production pour diminuer sa dépendance aux approvisionnements étrangers.

L’Ukraine et ses 35,5 millions d’hectares de terres arables – le double de la France – attirent les convoitises chinoises. Le pays possède en outre 60% de terres noires, considérées comme les plus fertiles du monde. Last but not least, sa position géographique en fait un carrefour privilégié des nouvelles routes de la soie.

Le scénario redouté par les analystes? Kiev, de plus en plus perméable aux liquidités chinoises, se détourne de ses partenaires privilégiés européens au profit des marchés asiatiques. Une orientation qui aurait de lourdes conséquences sur les chaînes de valeur du continent puisque le pays lui fournit la plus grande part des céréales pour l’alimentation des bêtes d’élevage – 60% de la consommation totale de céréales dans l’UE.

L’Ukraine saura-t-elle résister aux sirènes de la puissance chinoise? De son côté, l’UE doit s’affirmer politiquement pour protéger ses terres arables et sécuriser ses approvisionnements et ses marges. C’est sa souveraineté alimentaire qui est en jeu.

Cette tribune, publiée dans Les Echos sous la plume de Jean-Baptiste d'Albaret, spécialiste des questions de sécurité et de défense, a été résumée par nos soins.

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