tribune

La Chine menace la liberté académique en Grande-Bretagne

Revue de presse du quotidien financier britannique The Financial Times.

L’université de Cardiff a publié le mois dernier une offre d’emploi comprenant une exigence extraordinaire: les candidats doivent parler (quasiment) couramment le mandarin. Certes, ce ne serait pas inhabituel pour un professeur de langue chinoise, mais l’annonce visait la fonction de maître de conférences en composition musicale.

Les universités britanniques ont changé. Au cours de la décennie écoulée, notre système éducatif est devenu de plus en plus dépendant de la Chine, que ce soit au niveau des étudiants, des partenariats de recherche et du financement.

Le Royaume-Uni est désormais la destination la plus prisée des étudiants chinois, dépassant ainsi les États-Unis.

En 2019-20, près de 142.000 étudiants chinois étaient inscrits dans des universités britanniques. Selon les médias d’État de l’empire du Milieu, le Royaume-Uni est désormais la destination la plus prisée des étudiants chinois, dépassant ainsi les États-Unis.

Où est le problème? Les étudiants étrangers et la coopération internationale contribuent à la qualité de l’enseignement supérieur. Mais on peut s’en inquiéter si la dépendance à un seul pays prend une telle ampleur.

Si des tensions géopolitiques venaient à tarir le flux d’étudiants chinois au Royaume-Uni, certaines de nos universités verraient leur financement s’amoindrir considérablement. Pas étonnant que ces universités cherchent désespérément à prouver leur bienveillance à l’égard de Pékin.

La Chine n’hésite pas à utiliser ce levier pour appeler les directions des universités à faire taire les professeurs trop critiques à son égard.

La Chine n’hésite pas à utiliser ce levier pour appeler les directions des universités à faire taire les professeurs trop critiques à son égard. Les exemples en ce sens ne manquent pas. La liberté académique est ainsi menacée. Des questions se posent également sur les partenariats conclus avec l’appareil militaire chinois.

Pour résoudre ce problème, il convient tout d’abord d’instaurer une transparence totale. Tous les accords financiers et académiques conclus avec des entreprises ou institutions chinoises doivent être déclarés au ministère de l’Éducation pour dresser ainsi le cadastre des collaborations entre le Royaume-Uni et la Chine. Ensuite, le gouvernement doit aider le secteur à créer des modèles de financement diversifié pour réduire la dépendance financière à l’égard des étudiants étrangers d’un seul pays.

Les universités sont devenues des acteurs de politique étrangère à part entière. Elles choisissent avec qui collaborer et où concentrer leurs efforts de recrutement d’étudiants. Mais cela ne peut pas se faire au détriment des valeurs et de la liberté académique des sociétés démocratiques.

Cette tribune, publiée dans The Financiel Times sous la plume de Tom Tugendhat député conservateur britannique, a été résumée et traduite par nos soins.

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