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La pandémie a surtout éliminé les bons restaurants

La majorité des grandes chaînes qui jouissent d’un soutien financier et stratégique supérieur ressortent de la pandémie indemne, ou presque. ©AFP

Revue de presse du quotidien canadien La Presse.

Depuis le début de la pandémie, de nombreux restaurants ont fermé leurs portes. Certains en concluent que la crise sanitaire a peut-être éliminé les restaurants que nous avions "en trop". Mais rien n'est moins sûr.

Avant la pandémie, la restauration vivait des années de gloire. Les Canadiens dépensaient en moyenne environ 35% de leur budget alimentaire en restauration. Mais la crise sanitaire a mis fin à cette période dorée. Aujourd'hui, on compte quelque 40.000 restaurants au Canada, alors qu'ils étaient environ 65.000 au début de l'année 2020.

Avec la pénurie de main-d’œuvre, le coût des ingrédients alimentaires qui explose et la liste de réglementation qui s’allonge pratiquement chaque année, rentabiliser un restaurant est devenu une tâche difficile.

Bon nombre d'établissements horeca prévoient ainsi d'augmenter leurs prix de l'ordre de 5%. Ils sont également confrontés à un manque de main-d’œuvre croissant. Pour y remédier, plus de la moitié prévoient d'augmenter le salaire de leurs employés dans les prochains mois.

Mais quelqu’un devra payer pour tout cela. Et surtout, avec des prix plus élevés sur le menu, demeurer concurrentiel sera de plus en plus difficile.

Ainsi, il est très peu probable que le nombre de restaurants au Canada revienne à son niveau d'avant la crise. Nous aurons moins de restaurants pour plusieurs années.

Certains des quelque 20.000 restaurants qui ont disparu durant la pandémie étaient excellents. Il est désolant de voir plusieurs de ces restaurateurs indépendants et familiaux forcés d’abandonner le navire.

Aujourd'hui, nous avons peut-être encore trop de restaurants qui offrent les mêmes plats.

La majorité des grandes chaînes qui jouissent d’un soutien financier et stratégique supérieur ressortent de la pandémie indemne, ou presque. Pendant que les grandes chaînes fermaient environ 10% des restaurants dans le réseau, le Canada perdait presque 50% de ses restaurants indépendants. D’un établissement à l’autre, les grandes chaînes nous proposent des restaurants qui se ressemblent et servent à peu près la même nourriture.

Aujourd'hui, nous avons peut-être encore trop de restaurants qui offrent les mêmes plats. Notre identité culinaire se perdra tranquillement sans tous ces chefs propriétaires qui ne seront plus là pour nous faire déguster des plats créatifs et savoureux inspirés des produits du marché et du terroir.

Cette tribune, publiée dans La Presse sous la plume de Syvlain Charlebois, directeur du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'université Dalhousi, a été résumée par nos soins.

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