tribune

Le choix cornélien des entreprises étrangères en Chine

Revue de presse du Financial Times.

Les entreprises étrangères actives en Chine font face à des risques croissants après la dernière salve de sanctions entre Pékin et les gouvernements occidentaux. En cause: les polémiques visant les entreprises ayant une présence ou des liens avec la province de Xinjiang, où les autorités chinoises sont accusées de pratiquer le travail forcé et de violer les droits humains des Ouïghours. De nombreuses entreprises sont ainsi embarquées dans un débat opposant principes et rentabilité.

Le Xinjiang représente plus de 80% de la production de coton en Chine et environ un cinquième de la consommation mondiale. La province est également riche en charbon, pétrole et minerais. Elle se profile à présent comme une plateforme d’échanges et de production pour les secteurs automobile et électronique.

Les multinationales actives au Xinjiang sont nombreuses: plus de 50 entreprises reprises dans le classement Fortune 500 et quelque 70 entreprises appartenant soit à l’indice Euro Stoxx 50 ou à Fortune 500 international y opèrent. Selon l’Australian Strategic Policy Institue, un peu plus de 80 entreprises internationales et chinoises emploient quelque 80.000 Ouïghours qui ont été transférés de Xinjiang dans des usines de 9 autres provinces pour y travailler dans des conditions déplorables.

Cette situation n’est pas nouvelle. Mais le contexte géopolitique est devenu beaucoup plus tendu. Et, surtout, les principes de gouvernance des entreprises sont à présent beaucoup plus exigeants, notamment au niveau environnemental et social. Si les entreprises ignorent les allégations de mauvais traitements des habitants du Xinjiang, elles peuvent se voir, elles et leurs actionnaires, sanctionner en bourse, à l’instar des sociétés qui faisaient du commerce avec l’Afrique du Sud au moment de l’apartheid.

Pour les entreprises internationales actives en Chine, le choix devient cornélien. Respecter les principes de la nouvelle gouvernance, c’est se priver de revenus ou être contraint de mettre en place d’autres chaînes d’approvisionnement. À l’inverse, en donnant la préférence à leurs activités chinoises, elles risquent d’être sanctionnées de différentes manières. En réalité, c’est la seconde option qui est susceptible de nuire le plus à leurs performances à long terme.

Cette tribune, parue dans le Financial Times, a été résumée par nos soins.

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