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Le cocktail gagnant de Poutine

La propagande pro-Poutine est omniprésente en Russie. ©AFP

Revue de presse du quotidien américain The New York Times.

Les élections sont toujours délicates pour le Kremlin. Trop de choix et les citoyens risquent de choisir les "mauvais" candidats. Trop peu et l'autoritarisme du régime devient sinistrement apparent.

Cette année, pour les élections législatives, Poutine n’a pris aucun risque. Aleksei Navalny est en prison, l’opposition est en lambeaux et des dizaines de médias indépendants ont été qualifiés d'agents étrangers, ce qui entrave leurs activités.

Au cœur du contrôle social et politique continu du Kremlin se trouvent les médias. Réseau tentaculaire de chaînes de télévision et de journaux, au contenu fallacieux, le système de propagande du Kremlin est un pilier central du pouvoir de Poutine. Contre toute dissidence et tout mécontentement à l'égard du régime, il agit comme un bouclier. Combiné à la répression, c’est le cocktail gagnant de Poutine.

De fait, les échecs y sont minimisés, les critiques évitées et, à chaque fois, le président est couvert d'éloges, présenté comme un dirigeant raisonnable et sage.

Les médias russes exploitent les craintes de la population. Les menaces de désastre économique et de désintégration territoriale, dans un pays qui a souffert des deux dans les années 1990, sont constamment invoquées.

Cette machine n'a pas besoin de coercition. Une armée de journalistes, heureux de se plier à une  ligne politique en échange d'une promotion et d'une bonne rémunération, produit un flot ininterrompu de comptes rendus flatteurs sur Poutine. Conformistes et carriéristes, ils ne sont pas aveugles aux réalités de la Russie contemporaine. Mais ils choisissent de travailler du côté des gagnants.

Financés à hauteur de milliards de dollars par les proches de Poutine, les médias exploitent les craintes de la population. Les menaces de désastre économique et de désintégration territoriale, dans un pays qui a souffert des deux dans les années 1990, sont constamment invoquées. Seule une loyauté envers le Kremlin permettrait de tenir ces périls à distance. L’UE, la Grande-Bretagne et les États-Unis sont dépeints comme des lieux de décadence morale, où règnent l'instabilité politique et l'appauvrissement.

Internet est aussi sous le contrôle du Kremlin. Il y a dix ans, les réseaux sociaux avaient contribué à faire descendre les gens dans la rue pour protester contre des élections truquées. Depuis lors, une publication sur les médias sociaux peut coûter plusieurs années de prison...

La méthode de Poutine - propagande d'un côté, répression de l'autre - continue donc de porter ses fruits. Face à une économie stagnante, à une population vieillissante et à un mécontentement latent, cette stratégie ne peut pas durer éternellement. Mais, pour l'instant, elle fonctionne.

Cette tribune, publiée dans The New York Times, a été traduite et résumée par nos soins.

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