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Le coût de la fin du "quoiqu’il en coûte"

Les licenciements ont un double coût : la perte de compétence et la démotivation des salariés restants qui sont dans la crainte de perdre leurs emplois. ©REUTERS

Revue de presse du réseau international indépendant The Conversation.

Le " quoi qu’il en coûte " , c’est bientôt fini. La fin programmée des aides de l’État fait craindre une recrudescence des faillites qui jusqu’ici avaient été limitées. Ces défaillances vont être coûteuses.

Les coûts sont à la fois directs et indirects. En ce qui concerne les coûts directs, constitués par les frais des mandataires de justice, leur étendue est variable selon les pays et représente entre 1 et 10 % de la valeur de la firme. Ils sont inversement proportionnels à la taille de l’entreprise (plus lourds pour les PME comparativement aux grandes entreprises). Ils ne sont, par ailleurs, pas supportés de façon identique par tous les acteurs en fonction de la législation en vigueur.

S’il reste difficile de prévoir le nombre des faillites en 2021, il serait très utile de pouvoir mesurer le coûts de ces faillites pour l’ensemble des acteurs. Cela aurait le mérite de savoir ce qu’il convient de mettre derrière le « quoiqu’il en coûte ».

Les coûts indirects restent, eux, complexes à mesurer. Ils sont de cinq types.

- la perte du chiffre d’affaires suite à la perte de clients face à l’incertitude d’être approvisionné ou de ne pas bénéficier d’un service après-vente ;

- Percevant la difficulté d’un client, les fournisseurs vont exiger des délais de paiement plus rapides ;

- Lors d’un redressement judiciaire, on assiste très souvent à des licenciements qui ont un double coût : la perte de compétence et de formation financée par l’entreprise et la démotivation des salariés restants qui sont dans la crainte de perdre leurs emplois ;

- Ce que les Américains appellent « fire sale » (vente précipitée). Pour résoudre leurs problèmes de cash, les firmes vont chercher à désinvestir en vendant leurs actifs à vil prix ;

- Le coût lié à l’asymétrie d’information et au risque. En effet, les dirigeants, qui ont un meilleur accès à l’information que les actionnaires, peuvent soit retarder la faillite pour préserver leurs avantages, soit extraire des avantages importants avant leur mise à l’écart.

Dans les années 1980, une étude avait tenté d’évaluer plus précisément ces coûts indirects, les évaluant entre 6,6 à 8,1 % de la valeur d’une firme. Une autre méthode utilisait les données boursières au travers des coûts de réputation et des effets de contagion. Elle a montré des pertes de l’ordre de 1 à 3 % de la valeur boursière des fournisseurs et des clients.

S’il reste difficile de prévoir le nombre des faillites en 2021, il serait très utile de pouvoir mesurer le coût de ces faillites pour l’ensemble des acteurs. Cela aurait le mérite de savoir ce qu’il convient de mettre derrière le « quoiqu’il en coûte ».

Ce commentaire publié dans The Conversation par Eric Séverin (Université de Lille) et David Veganzones (ESCE) a été résumé par nos soins.

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